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Violet 2022 Eurozoom / matheousse
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DU FOND DU CŒUR
C’est tellement brutal.
C’est tellement brutal.
Elle aurait pu me dire\Nqu’elle était malade.
Elle aurait pu me dire\Nqu’elle était malade.
Elle savait que tu étais occupée,
Elle savait que tu étais occupée,
elle n’a pas dû oser.
elle n’a pas dû oser.
Tu connais mamie.
Tu connais mamie.
Ça ne devrait pas t’étonner.
Ça ne devrait pas t’étonner.
Daisy.
Daisy.
C’est un reproche ?
C’est un reproche ?
Tu m’en veux, ma chérie ?
Tu m’en veux, ma chérie ?
Non.
Non.
Je me dis juste que mamie\Naurait aimé te voir plus souvent.
Je me dis juste que mamie\Naurait aimé te voir plus souvent.
Qu’elle aurait aimé\Nt’avoir auprès d’elle.
Qu’elle aurait aimé\Nt’avoir auprès d’elle.
Surtout
Surtout
quand on sait
quand on sait
à quel point elle t’aimait.
à quel point elle t’aimait.
Ta grand-mère
Ta grand-mère
a perdu sa mère\Nquand elle était très jeune.
a perdu sa mère\Nquand elle était très jeune.
Des lettres ?
Des lettres ?
Ta grand-mère
Ta grand-mère
les a reçues après le décès\Nde ton arrière-grand-mère.
les a reçues après le décès\Nde ton arrière-grand-mère.
Comment une défunte\Na-t-elle pu lui écrire ?
Comment une défunte\Na-t-elle pu lui écrire ?
Chaque année après son décès,
Chaque année après son décès,
elle a fait en sorte\Nque sa fille reçoive une lettre
elle a fait en sorte\Nque sa fille reçoive une lettre
pour son anniversaire.
pour son anniversaire.
Grâce à une poupée.
Grâce à une poupée.
Une poupée ?
Une poupée ?
Les poupées ne savent pas écrire.
Les poupées ne savent pas écrire.
Non.
Non.
Mais un homme\Ndont la femme était aveugle
Mais un homme\Ndont la femme était aveugle
a fabriqué une machine à écrire
a fabriqué une machine à écrire
qu’il a baptisée « la poupée\Nde souvenirs automatiques ».
qu’il a baptisée « la poupée\Nde souvenirs automatiques ».
Ensuite, les femmes exerçant\Nle métier d’écrivain public
Ensuite, les femmes exerçant\Nle métier d’écrivain public
ont été appelées des « poupées ».
ont été appelées des « poupées ».
En quoi ça consistait ?
En quoi ça consistait ?
À écrire pour les autres ?
À écrire pour les autres ?
Oui.
Oui.
Autrefois, savoir lire et écrire
Autrefois, savoir lire et écrire
était assez rare.
était assez rare.
Mais l’écriture s’est démocratisée,
Mais l’écriture s’est démocratisée,
le téléphone aussi,
le téléphone aussi,
et les gens ont renoncé au courrier.
et les gens ont renoncé au courrier.
Aujourd’hui, c’est un métier\Nqui a probablement disparu.
Aujourd’hui, c’est un métier\Nqui a probablement disparu.
Avant, pour les grandes occasions
Avant, pour les grandes occasions
ou en cas de difficulté,
ou en cas de difficulté,
on faisait appel aux poupées.
on faisait appel aux poupées.
Ces lettres,
Ces lettres,
ta grand-mère y tenait énormément.
ta grand-mère y tenait énormément.
Je vois.
Je vois.
Il faut qu’on y aille.
Il faut qu’on y aille.
Tes patients t’attendent.
Tes patients t’attendent.
Oui.
Oui.
Allez, Daisy.
Allez, Daisy.
Moi,
Moi,
je vais rester encore un peu.
je vais rester encore un peu.
Si tout le monde part\Nà peine les funérailles terminées,
Si tout le monde part\Nà peine les funérailles terminées,
mamie va être triste.
mamie va être triste.
Daisy…
Daisy…
Tu peux partir, maman.
Tu peux partir, maman.
De toute façon,
De toute façon,
tu privilégies toujours\Nton travail à ta famille.
tu privilégies toujours\Nton travail à ta famille.
C’est faux.
C’est faux.
Que ce soit toi ou ta grand-mère,
Que ce soit toi ou ta grand-mère,
vous comptez beaucoup pour moi.
vous comptez beaucoup pour moi.
Viens, je t’emmène à la gare.
Viens, je t’emmène à la gare.
Daisy,
Daisy,
on sera de retour\Naprès le travail.
on sera de retour\Naprès le travail.
Mamie…
Mamie…
J’ai encore dit\Ndes choses affreuses à maman.
J’ai encore dit\Ndes choses affreuses à maman.
Pourtant,
Pourtant,
je sais à quel point\Nelle fait un métier difficile.
je sais à quel point\Nelle fait un métier difficile.
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« Ann
e,
« Ann
. Je te souhaite\Nun joyeux
huitième anniversaire. »
« Joyeux
huitième anniversaire. »
{\i1}
Tu es sûrement très triste,
{\i1}
Peut-être as-tu souvent du chagrin
{\i1}
il
es
t dur\Nde devoir être si courageuse.
{\i1}
ou
es
-tu découragée\Npar les épreuves qui t’attendent,
{\i1}
Garde la tête haute
.
{\i1}
mais accroche-toi
.
{\i1}Peut-être
que tu
pleurer
as\N
de
solitude
,
{\i1}Peut-être
t’arrive-t-il\Nde
pleurer
de
tristesse
,
{\i1}mais n’oublie
jamais.
{\i1}mais n’oublie
pas,
{\i1}
Je
t’aime
du fond du cœur
.
{\i1}ma petite Anne chérie,
{\i1}Ann
. Je te souhaite\Nun j
oyeux dixième anniversaire.
{\i1}
je
t’aime
rai toujours
.
{\i1}
Ma toute petite fille\Na
sûrement
bien grandi,
{\i1}Ann
e,
{\i1}
m
ais je s
a
is
que tu aimes
toujours\Nlire des livres
et danser.
{\i1}J
oyeux dixième anniversaire.
{\i1}
Peut-être moins l
es devinettes\Net
la chasse aux insectes ?
{\i1}
Tu as dû grandir,
{\i1}
Je te souhaite\Nun joyeux
dix-huitième anniversaire.
{\i1}et tu es
sûrement
devenue\Nune jeune fille.
{\i1}
Tu es sûrement
une
dame accomplie.\N
As-tu
un
amour
eux
?
{\i1}
M
ais je s
u
is
sûre\N
que tu aimes
encore lire
et danser.
{\i1}Je ne peux pas
\Nte donner de conseils
,
{\i1}
Qu’en est-il d
es devinettes\Net
de
la chasse aux insectes ?
{\i1}mais
la personne\N
que tu
auras
choisi
e
{\i1}
Joyeux
dix-huitième anniversaire.
{\i1}
sera sûrement merveilleuse
.
{\i1}
Te voilà devenue
une
vraie lady.
{\i1}Joyeux anniversaire, Ann
.
{\i1}
As-tu
rencontré l’
amour
?
{\i1}
Tu as vécu 20 ans, c
’est
incroyable.
{\i1}Je ne peux pas
être ta confidente
,
{\i1}
Tu as le droit de te plaindre,\Nmême si tu es adulte.
{\i1}mais
si c’est l’homme
que tu
as
choisi
,
{\i1}
Je serai toujours là\Nquand tu seras inquiète.
{\i1}
il est forcément charmant
.
{\i1}Ann
.
{\i1}Joyeux anniversaire, Ann
e
.
{\i1}
Je veillerai
toujours,
{\i1}
Déjà vingt ans que tu es née.\NC
’est
formidable !
{\i1}
toujours
sur toi
.
{\i1}
Même si tu es désormais une adulte,\Ntu as le droit d’être fragile.
{\i1}Ann
.
{\i1}
Et siparfois tu doutes,
{\i1}sache que je suis là,
{\i1}Ann
e
.
{\i1}
Aujourd’hui
{\i1}etpour
toujours,
{\i1}
je veillerai
sur toi
,
{\i1}Ann
e
.
Chaque année,
Chaque année,
pour son anniversaire,
pour son anniversaire,
mamie recevait ces lettres.
mamie recevait ces lettres.
Mon arrière-grand-mère
Mon arrière-grand-mère
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devait vraiment
s’inquiéter pour elle.
devait vraiment
\N
s’inquiéter pour elle.
Une coupure de journal.
Une coupure de journal.
Ce serait elle ?
Ce serait elle ?
{\i1}Les lettres de ma grand-mère
{\i1}Les lettres de ma grand-mère
{\i1}auraient été écrites par une poupée\Ntrès renommée à l’époque.
{\i1}auraient été écrites par une poupée\Ntrès renommée à l’époque.
{\i1}Tantôt elle rédigeait\Nles lettres d’amour d’une princesse,
{\i1}Tantôt elle rédigeait\Nles lettres d’amour d’une princesse,
{\i1}tantôt on lui commandait
{\i1}tantôt on lui commandait
{\i1}les paroles d’un opéra\Npour une chanteuse à succès.
{\i1}les paroles d’un opéra\Npour une chanteuse à succès.
{\i1}Une autre fois encore,
{\i1}Une autre fois encore,
{\i1}elle aurait même écrit une pièce\Npour un célèbre dramaturge.
{\i1}elle aurait même écrit une pièce\Npour un célèbre dramaturge.
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{\i1}Elle était employée\Nà la
compagnie
post
al
e de Leiden,
{\i1}Elle était employée\Nà la
post
e de Leiden,
{\i1}mais elle aurait démissionné\Nà l’âge de dix-huit ans.
{\i1}mais elle aurait démissionné\Nà l’âge de dix-huit ans.
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{\i1}Après quoi,\Nelle n’aurait
plus rien écrit.
{\i1}Après quoi,\Nelle n’aurait
plus rien écrit.
{\i1}Cette poupée s’appelait…
{\i1}Cette poupée s’appelait…
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VIOLET EVERGARDEN
{\i1}
Je l’ai
trouvé au
front
.
Je l’ai
ramassée sur le
front
nord-est.
{\i1}
Elle n’a pas
de nom.
Elle n’a pas
encore
de nom.
{\i1}Dis bonjour à ton maître.
Allez, prosterne-toi.
{\i1}Arrête, c’est une enfant !
Ne la maltraite pas !
{\i1}Gil, elle n’a rien d’
une enfant.
Ce n’est qu’une enfant.
{\i1}
C’est une arme.
Gil…
{\i1}Un outil pour le combat,\Nrien de plus.
Ce n’est pas
une enfant.
{\i1}Je peux te donner un nom, alors ?
C’est une arme.
{\i1}
Violet.
Une simple
{\i1}
Ce sera Violet.
machine à tuer.
{\i1}
Je suis
sûr
qu’en grandissant,
\N
tu deviendras
digne de ce
nom.
Si ça te va,
{\i1}
Tu
ne seras plus
un
outil,\Nmais quelqu’un à qui ce
nom
sied
.
je vais te donner un nom.
Violet.
Ce sera Violet.
Je suis
certain
qu’en grandissant,
tu deviendras
une femme\N
digne de ce
pré
nom.
Tu
n’es pas
un
e machine.
Il ne tient qu’à toi d’honorer ton
nom
.
Violet Evergarden.
Violet Evergarden.
Avancez-vous.
Avancez-vous.
L’auteure de l’ode à la mer\Nrédigée pour cette fête
L’auteure de l’ode à la mer\Nrédigée pour cette fête
va remettre à la prêtresse de la mer,\Nmademoiselle Irma Felice,
va remettre à la prêtresse de la mer,\Nmademoiselle Irma Felice,
le texte qu’elle a écrit.
le texte qu’elle a écrit.
Ton ode à la mer
Ton ode à la mer
était magnifique, Violet.
était magnifique, Violet.
Absolument.
Absolument.
Ça valait le coup\Nde se décarcasser, Violet.
Ça valait le coup\Nde se décarcasser, Violet.
Oui.
Oui.
C’était un exercice difficile.
C’était un exercice difficile.
{\i1}La mer s’étend à perte de vue,
{\i1}La mer s’étend à perte de vue,
{\i1}abrite\Nde nombreuses espèces marines
{\i1}abrite\Nde nombreuses espèces marines
{\i1}et elle est riche et belle, mais…
{\i1}et elle est riche et belle, mais…
Mais contrairement aux hommes,
Mais contrairement aux hommes,
elle n’a ni mérite, ni statut,\Nni personnalité,
elle n’a ni mérite, ni statut,\Nni personnalité,
et j’ai peiné à en faire l’éloge.
et j’ai peiné à en faire l’éloge.
Oui, je comprends.
Oui, je comprends.
Allez !
Allez !
L’an prochain, je me dévoue.
L’an prochain, je me dévoue.
Du calme.
Du calme.
Pour écrire l’ode à la mer,\Nil faut être désigné.
Pour écrire l’ode à la mer,\Nil faut être désigné.
Tu vas voir, je vais écrire\Nplein de lettres incroyables
Tu vas voir, je vais écrire\Nplein de lettres incroyables
et je serai la prochaine élue !
et je serai la prochaine élue !
Pas vrai, Violet ?
Pas vrai, Violet ?
Oui, je te le souhaite.
Oui, je te le souhaite.
Compte sur moi.
Compte sur moi.
Oui.
Oui.
Violet Evergarden.
Violet Evergarden.
Monsieur le maire.
Monsieur le maire.
Madame.
Madame.
Violet,
Violet,
je te présente le maire de Leiden
je te présente le maire de Leiden
et son épouse.
et son épouse.
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Enchantée de vous rencontrer.
C’est un honneur.
Où que vous soyez,
Je vais où le veut mon client,
j’accours sur commande.
quand le veut mon client.
Je suis
la
poupée
\N
de souvenirs automatiques
Je suis
Violet Evergarden,
Violet Evergarden
.
poupée
de souvenirs automatiques
.
Charmante.
Charmante.
On dirait vraiment une poupée.
On dirait vraiment une poupée.
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J’ai beaucoup
entendu parler de toi.
J’ai beaucoup
\N
entendu parler de toi.
Si tu as été désignée cette année
Si tu as été désignée cette année
pour écrire l’ode à la mer\Nde notre célèbre fête de la gratitude,
pour écrire l’ode à la mer\Nde notre célèbre fête de la gratitude,
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c’est parce que
je t’ai recommandée.
c’est parce que
\N
je t’ai recommandée.
J’ai lu
les lettres d’amour publiques
J’ai lu
\N
les lettres d’amour publiques
de la princesse de Brueghel,
de la princesse de Brueghel,
ainsi que le serment du roi Damien.
ainsi que le serment du roi Damien.
Ce sont des textes magnifiques
Ce sont des textes magnifiques
qui reflètent parfaitement\Nta charmante personnalité.
qui reflètent parfaitement\Nta charmante personnalité.
Pour le serment du couronnement,
Pour le serment du couronnement,
je me suis inspirée
je me suis inspirée
des idéaux et des ambitions\Ndu roi Damien.
des idéaux et des ambitions\Ndu roi Damien.
Vous m’avez qualifiée\Nde personne charmante,
Vous m’avez qualifiée\Nde personne charmante,
mais ce que j’écris
mais ce que j’écris
n’est pas corrélé à ce que je suis.
n’est pas corrélé à ce que je suis.
Désolée.
Désolée.
Violet, ce qu’il veut dire, c’est que…
Violet, ce qu’il veut dire, c’est que…
Ce que je veux dire,\Nc’est que j’apprécie ton talent.
Ce que je veux dire,\Nc’est que j’apprécie ton talent.
Aujourd’hui,\Ntu officies en tant que poupée,
Aujourd’hui,\Ntu officies en tant que poupée,
mais lorsque tu étais soldat,
mais lorsque tu étais soldat,
tu as aussi sauvé notre pays,\Nle Leidenschaftlich.
tu as aussi sauvé notre pays,\Nle Leidenschaftlich.
Ce n’est pas moi qui l’ai sauvé,
Ce n’est pas moi qui l’ai sauvé,
mais tous ceux qui ont combattu.
mais tous ceux qui ont combattu.
Cela dit,
Cela dit,
cette guerre a emporté\Nun grand nombre de vies.
cette guerre a emporté\Nun grand nombre de vies.
Et j’y ai contribué.
Et j’y ai contribué.
C’est pourquoi
C’est pourquoi
je ne mérite aucunement\Nvos louanges.
je ne mérite aucunement\Nvos louanges.
On mange un bout ?
On mange un bout ?
Je veux des nouilles.
Je veux des nouilles.
Tu pourrais changer, parfois.
Tu pourrais changer, parfois.
D’accord.
D’accord.
Violet.
Violet.
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Eri
k
a.
Eri
c
a.
Ça fait longtemps.
Ça fait longtemps.
Tu as l’air en forme.
Tu as l’air en forme.
Oui.
Oui.
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Ravie de vous revoir,
président
.
Ravie de vous revoir,
patron
.
Ça te plaît,
d’assister un dramaturge ?
Ça te plaît,
\N
d’assister un dramaturge ?
Il s’agit bien de celui\Npour lequel tu écrivais, Violet ?
Il s’agit bien de celui\Npour lequel tu écrivais, Violet ?
Oui.
Oui.
Après l’une de ses représentations,
Après l’une de ses représentations,
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je lui ai présenté Eri
k
a.
je lui ai présenté Eri
c
a.
J’ai insisté pour qu’il me prenne\Ncomme élève.
J’ai insisté pour qu’il me prenne\Ncomme élève.
Jour après jour,\Nil ne cesse de réécrire sa pièce
Jour après jour,\Nil ne cesse de réécrire sa pièce
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et je peine à tout
retaper à la machine,
et je peine à tout
\N
retaper à la machine,
mais j’apprends beaucoup.
mais j’apprends beaucoup.
Tu veux des nouilles ?
Tu veux des nouilles ?
Arrête, Benedict.\NTu pollues la conversation.
Arrête, Benedict.\NTu pollues la conversation.
C’est pas sympa, t’abuses !
C’est pas sympa, t’abuses !
Tu viens faire\Nle tour des stands avec nous ?
Tu viens faire\Nle tour des stands avec nous ?
Désolée, merci pour l’invitation,
Désolée, merci pour l’invitation,
mais aujourd’hui,
mais aujourd’hui,
on répète une pièce\Nqu’on joue le mois prochain.
on répète une pièce\Nqu’on joue le mois prochain.
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C’est toi qui l’as écrite, Eri
k
a ?
C’est toi qui l’as écrite, Eri
c
a ?
C’est une petite pièce qu’on jouera\Ndans une salle municipale,
C’est une petite pièce qu’on jouera\Ndans une salle municipale,
mais n’hésite pas à venir.
mais n’hésite pas à venir.
Sur ce…
Sur ce…
je vais vous laisser.
je vais vous laisser.
Oui.
Oui.
Quand on espère très fort,\Nles choses finissent par arriver.
Quand on espère très fort,\Nles choses finissent par arriver.
Quand on espère très fort\Nmais que ça n’arrive pas,
Quand on espère très fort\Nmais que ça n’arrive pas,
qu’est-ce qu’on est censé faire ?
qu’est-ce qu’on est censé faire ?
Je vais vous laisser aussi.
Je vais vous laisser aussi.
Il me reste encore\Nbeaucoup de lettres à écrire.
Il me reste encore\Nbeaucoup de lettres à écrire.
Tu devrais prendre ta journée.
Tu devrais prendre ta journée.
C’est la fête !
C’est la fête !
Non.
Non.
Cela mettrait\Nmon organisation en péril.
Cela mettrait\Nmon organisation en péril.
Je préfère rentrer.
Je préfère rentrer.
Major.
Major.
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Major.
{\i1}
Major.
Laisse-moi ici,
{\i1}Pars.
Laisse-moi ici,
et
va-t’en.
{\i1}
et
fuis.
Jamais\Nje ne
vous laisser
ai
mourir
, Major.
{\i1}Je refuse de
vous laisser
mourir
!
Arrête.
{\i1}
Arrête.
Je t’en prie, arrête !
{\i1}C’est vain !
Tu dois vivre,
{\i1}Tu dois vivre.
Violet.
{\i1}Violet…
Toi,
{\i1}S’il te plaît… Sauve-toi…
tu dois vivre,
{\i1}Vis librement.
et devenir libre.
{\i1}Violet…
Du fond du cœur…
{\i1}Je t’aime profondément.
je t’aime.
{\i1}Cher Major Gilbert,
{\i1}Cher Major Gilbert,
{\i1}Aujourd’hui,
{\i1}Aujourd’hui,
{\i1}j’ai encore pensé à vous.
{\i1}j’ai encore pensé à vous.
{\i1}Quoi que je voie,
{\i1}Quoi que je voie,
{\i1}quoi que je fasse,
{\i1}quoi que je fasse,
{\i1}tout me ramène à vous.
{\i1}tout me ramène à vous.
{\i1}Le temps passe,
{\i1}Le temps passe,
{\i1}le passé s’éloigne,
{\i1}le passé s’éloigne,
{\i1}mais les souvenirs\Nque je garde de vous
{\i1}mais les souvenirs\Nque je garde de vous
{\i1}sont toujours aussi vifs.
{\i1}sont toujours aussi vifs.
{\i1}Vous m’avez prise sous votre aile.
{\i1}Vous m’avez prise sous votre aile.
{\i1}Je ne savais rien faire,
{\i1}Je ne savais rien faire,
{\i1}et vous m’avez appris à vivre.
{\i1}et vous m’avez appris à vivre.
{\i1}Et surtout,
{\i1}Et surtout,
{\i1}pour la première fois…
{\i1}pour la première fois…
{\i1}« Je t’aime. »
{\i1}« Je t’aime. »
{\i1}Vous m’avez offert ces mots.
{\i1}Vous m’avez offert ces mots.
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{\i1}C’est
pour cela
{\i1}C’est
pour cela
{\i1}que je ne peux m’empêcher\Nde vous écrire.
{\i1}que je ne peux m’empêcher\Nde vous écrire.
{\i1}Un jour,
{\i1}Un jour,
{\i1}j’espère que cette lettre\Nvous parviendra,
{\i1}j’espère que cette lettre\Nvous parviendra,
{\i1}et que mon souhait se réalisera.
{\i1}et que mon souhait se réalisera.
Et voici…
Et voici…
vos trois chlors de monnaie.
vos trois chlors de monnaie.
Je vous remercie.
Je vous remercie.
Le colis pèse 1,2 livres,
Le colis pèse 1,2 livres,
ce qui fait 11 chlors.
ce qui fait 11 chlors.
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Compagnie postale
CH.
Postes
CH.
Où que vous soyez,\Nn
ous
accourons sur commande
.
Je me rends où et quand\Nv
ous
le souhaitez
.
Je suis
la
poupée de souvenirs
\N
automatiques
, Iris Cannary
.
Je suis
Iris Canary,\N
poupée de souvenirs
automatiques
.
Oui.
Oui.
Oui, elle est là.
Oui, elle est là.
Merci d’avoir patienté.
Merci d’avoir patienté.
Malheureusement,
Malheureusement,
ma collègue n’est pas disponible\Navant trois mois.
ma collègue n’est pas disponible\Navant trois mois.
Puis-je la remplacer ?
Puis-je la remplacer ?
Ah bon, d’accord.
Ah bon, d’accord.
Entendu.
Entendu.
Je prends note de votre réservation\Npour dans trois mois.
Je prends note de votre réservation\Npour dans trois mois.
Oui, bien sûr.
Oui, bien sûr.
Au revoir.
Au revoir.
Iris.
Iris.
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Ne montre pas
ta frustration au client.
Ne montre pas
\N
ta frustration au client.
Ça ne se voit pas,\Nsurtout au téléphone.
Ça ne se voit pas,\Nsurtout au téléphone.
La voix trahit l’émotion.
La voix trahit l’émotion.
D’accord.
D’accord.
Et puis, toi aussi,\Ntu as plein de réservations.
Et puis, toi aussi,\Ntu as plein de réservations.
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Pas autant que toi, Cattley
l
a.
Pas autant que toi, Cattley
a.
Si ça continue,
Si ça continue,
je serai éternellement numéro 3.
je serai éternellement numéro 3.
Bonsoir.
Bonsoir.
복사
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Ah,
président
.
Ah,
patron
.
Bonsoir.
Bonsoir.
La semaine a été chargée.
La semaine a été chargée.
Demain, repos pour tout le monde.
Demain, repos pour tout le monde.
Moi, je suis en déplacement,\Nce week-end.
Moi, je suis en déplacement,\Nce week-end.
Je dois assister à la signature\Ndu traité commercial avec le Galdarik.
Je dois assister à la signature\Ndu traité commercial avec le Galdarik.
Oui, j’avais oublié.
Oui, j’avais oublié.
Moi, je vais à la fête\Norganisée par la femme du maire,
Moi, je vais à la fête\Norganisée par la femme du maire,
pour prospecter de nouveaux clients.
pour prospecter de nouveaux clients.
Quelles travailleuses acharnées…
Quelles travailleuses acharnées…
Comme je me suis mis au tennis,
Comme je me suis mis au tennis,
j’espérais que l’une de vous\Naccepte de jouer contre moi.
j’espérais que l’une de vous\Naccepte de jouer contre moi.
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Vous n’êtes pas inquiet,
président
?
Vous n’êtes pas inquiet,
patron
?
C’est le moment ou jamais\Nde travailler.
C’est le moment ou jamais\Nde travailler.
À cause de cet appareil répugnant,
À cause de cet appareil répugnant,
le courrier va finir par être démodé.
le courrier va finir par être démodé.
Bientôt,
Bientôt,
la tour de transmission sera finie,
la tour de transmission sera finie,
et là,
et là,
le téléphone va se démocratiser.
le téléphone va se démocratiser.
Tu as raison.
Tu as raison.
Les temps changent.
Les temps changent.
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Notre
compagnie
post
ale\N
va devoir s’adapter.
Notre
post
e
va devoir s’adapter.
Un jour, elle finira peut-être\Npar devenir obsolète.
Un jour, elle finira peut-être\Npar devenir obsolète.
Les poupées aussi.
Les poupées aussi.
Elles tomberont en désuétude,
Elles tomberont en désuétude,
et elles disparaîtront peut-être.
et elles disparaîtront peut-être.
Justement !
Justement !
Prospérons tant qu’il est temps !
Prospérons tant qu’il est temps !
Et toi Violet,\Ntu comptes aller à la fête ?
Et toi Violet,\Ntu comptes aller à la fête ?
Non, je…
Non, je…
Pas question\Nque j’emmène une rivale !
Pas question\Nque j’emmène une rivale !
Très bien, ça me va.
Très bien, ça me va.
De mon côté, j’ai d’autres projets.
De mon côté, j’ai d’autres projets.
Allez !
Allez !
C’est pas drôle !\NTu pourrais faire durer l’échange.
C’est pas drôle !\NTu pourrais faire durer l’échange.
Si je jouais contre une fille,\Npourquoi pas,
Si je jouais contre une fille,\Npourquoi pas,
mais contre toi, non merci.
mais contre toi, non merci.
Les filles sont toutes occupées.
Les filles sont toutes occupées.
Même Violet n’a pas voulu venir.
Même Violet n’a pas voulu venir.
Tant mieux pour elle.
Tant mieux pour elle.
Pour une fois qu’elle sort.
Pour une fois qu’elle sort.
Cela dit, quand elle est là,
Cela dit, quand elle est là,
j’attire plus l’attention des filles.
j’attire plus l’attention des filles.
Sur ma tournée, on me dit souvent :
Sur ma tournée, on me dit souvent :
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« Vous travaillez\Npour
la compagnie postale
CH ?
« Vous travaillez\Npour
les Postes
CH ?
«
Vous pourriez me présenter\Nvotre collègue Violet ? »
Vous pourriez me présenter\Nvotre collègue Violet ? »
N’utilise pas Violet\Npour servir tes intérêts vicieux !
N’utilise pas Violet\Npour servir tes intérêts vicieux !
En tout cas,
En tout cas,
je me demande où elle est allée.
je me demande où elle est allée.
Tu es trop protecteur.
Tu es trop protecteur.
Capitaine.
Capitaine.
Ainsi, c’était toi.
Ainsi, c’était toi.
Tu fleuris la tombe de ma mère\Ntous les mois.
Tu fleuris la tombe de ma mère\Ntous les mois.
En théorie,
En théorie,
la date anniversaire est demain,
la date anniversaire est demain,
mais je ne voulais pas\Nimportuner la famille.
mais je ne voulais pas\Nimportuner la famille.
Préféreriez-vous\Nque je ne vienne plus ?
Préféreriez-vous\Nque je ne vienne plus ?
Non.
Non.
Mais tu n’es pas obligée de venir
Mais tu n’es pas obligée de venir
alors que tu es en congé.
alors que tu es en congé.
C’est parce que je suis en congé\Nque je peux venir.
C’est parce que je suis en congé\Nque je peux venir.
Tu fais ça pour mon frère ?
Tu fais ça pour mon frère ?
Non,
Non,
je ne viens pas au nom du major.
je ne viens pas au nom du major.
Je viens parce que j’en ai envie.
Je viens parce que j’en ai envie.
Combien d’années se sont écoulées
Combien d’années se sont écoulées
depuis la fin de la guerre ?
depuis la fin de la guerre ?
Fais-toi une raison.
Fais-toi une raison.
Il ne reviendra pas.
Il ne reviendra pas.
Oublie Gilbert.
Oublie Gilbert.
C’est pour ton bien.
C’est pour ton bien.
Oublier,
Oublier,
c’est difficile.
c’est difficile.
Tant que je serai en vie,
Tant que je serai en vie,
je ne parviendrai pas à l’oublier.
je ne parviendrai pas à l’oublier.
Hé !
Hé !
Violet.
Violet.
Non.
Non.
Ce n’est pas une violette\Nmais une pensée.
Ce n’est pas une violette\Nmais une pensée.
Ah bon ?
Ah bon ?
Tu t’y connais, dis-moi.
Tu t’y connais, dis-moi.
{\i1}Même si\Nje ne peux plus jamais le revoir…
{\i1}Même si\Nje ne peux plus jamais le revoir…
Oublier,
Oublier,
c’est difficile, hein…
c’est difficile, hein…
Mon ruban…
Mon ruban…
Allô,
Allô,
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ici
la compagnie post
…
ici
les Postes
…
{\i1}T’es bien une poupée ?
{\i1}T’es bien une poupée ?
Oui, en effet.
Oui, en effet.
{\i1}C’est vrai ?
{\i1}C’est vrai ?
{\i1}Dans ce cas,\Nj’ai un boulot à te confier.
{\i1}Dans ce cas,\Nj’ai un boulot à te confier.
{\i1}Tu pourrais venir me voir ?
{\i1}Tu pourrais venir me voir ?
Aujourd’hui, nous sommes en congé.
Aujourd’hui, nous sommes en congé.
{\i1}Ah bon ?
{\i1}Ah bon ?
{\i1}Je vois…
{\i1}Je vois…
Excusez-moi mais vu votre voix,\Nvous devez être très jeune.
Excusez-moi mais vu votre voix,\Nvous devez être très jeune.
Et alors, il y a un âge minimum\Npour écrire des lettres ?
Et alors, il y a un âge minimum\Npour écrire des lettres ?
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Je croyais que l
es poupées
\Naccouraient sur commande.
L
es poupées
ne viennent pas\Nquand le client le souhaite ?
C’est du pipeau ?
C’est du pipeau ?
Non, pas du tout.
Non, pas du tout.
{\i1}Viens, alors !
{\i1}Viens, alors !
C’est qui ?
C’est qui ?
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Je suis la poupée
\Nde la compagnie postale
CH.
Je suis la poupée
des Postes
CH.
Vas-y, entre.
Vas-y, entre.
Je me permets.
Je me permets.
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Enchantée de vous rencontrer.
C’est un honneur.
Où que vous soyez,
Je vais où le veut mon client,
j’accours sur commande.
quand le veut mon client.
Je suis
la
poupée
\N
de souvenirs automatiques
,
Je suis
Violet Evergarden,
Violet Evergarden
.
poupée
de souvenirs automatiques
.
J’en reviens pas que tu sois là.
J’en reviens pas que tu sois là.
C’était votre souhait.
C’était votre souhait.
Tu es très jeune. Ça va aller ?
Tu es très jeune. Ça va aller ?
Je ferai de mon mieux.
Je ferai de mon mieux.
Ulysse !
Ulysse !
Grand frère, c’est nous !
Grand frère, c’est nous !
On peut entrer ?
On peut entrer ?
Une minute !
Une minute !
Cache-toi, vite !
Cache-toi, vite !
Vite !
Vite !
Grand frère !
Grand frère !
Ulysse, tu avais de la visite ?
Ulysse, tu avais de la visite ?
Non.
Non.
Vraiment ?
Vraiment ?
J’ai cru entendre une voix.
J’ai cru entendre une voix.
Comment tu te sens ?
Comment tu te sens ?
Ne me pose pas la question\Ntous les jours.
Ne me pose pas la question\Ntous les jours.
Ça va ?
Ça va ?
Si ça allait, je serais pas ici.
Si ça allait, je serais pas ici.
Pardon.
Pardon.
Grand frère, grand frère.
Grand frère, grand frère.
Je vais te lire une histoire.
Je vais te lire une histoire.
Je m’en fous de ton histoire,\Nlâche-moi.
Je m’en fous de ton histoire,\Nlâche-moi.
Ton grand frère ne se sent pas bien.
Ton grand frère ne se sent pas bien.
Il y a de quoi.
Il y a de quoi.
J’ai subi trois opérations,
J’ai subi trois opérations,
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et je suis hospitalisé
depuis un an.
et je suis hospitalisé
\N
depuis un an.
Ulysse,
Ulysse,
ton copain Lucas\Naimerait te rendre visite.
ton copain Lucas\Naimerait te rendre visite.
Il voudrait te voir.
Il voudrait te voir.
Pas la peine.
Pas la peine.
Pourquoi ? C’est ton meilleur ami.
Pourquoi ? C’est ton meilleur ami.
Pas la peine, je te dis !
Pas la peine, je te dis !
C’est quoi, ça ?
C’est quoi, ça ?
C’est tout usé.
C’est tout usé.
Touche pas à ça, crétin !
Touche pas à ça, crétin !
C’est à un visiteur\Nde la chambre d’à côté.
C’est à un visiteur\Nde la chambre d’à côté.
Il m’a demandé de la lui garder.
Il m’a demandé de la lui garder.
Enfin…
Enfin…
Bref, je suis fatigué.
Bref, je suis fatigué.
Désolée, mon chéri.
Désolée, mon chéri.
On va aller faire un petit tour,\Nd’accord ?
On va aller faire un petit tour,\Nd’accord ?
Bonne idée.
Bonne idée.
Fais donc une petite sieste.
Fais donc une petite sieste.
À tout à l’heure.
À tout à l’heure.
Pardon…
Pardon…
C’est bon, je peux sortir ?
C’est bon, je peux sortir ?
J’aimerais que vous m’expliquiez
J’aimerais que vous m’expliquiez
pourquoi j’ai dû me cacher,
pourquoi j’ai dû me cacher,
Monsieur.
Monsieur.
Tu peux m’appeler Ulysse.
Tu peux m’appeler Ulysse.
Monsieur Ulysse, alors.
Monsieur Ulysse, alors.
Ni papa,
Ni papa,
ni maman, ni mon frère,
ni maman, ni mon frère,
ne doivent être au courant.
ne doivent être au courant.
Pour la lettre ?
Pour la lettre ?
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Je veux leur écrire
à tous les trois.
Je veux leur écrire
\N
à tous les trois.
Mon souhait,
Mon souhait,
c’est qu’ils lisent les lettres\Nquand je serai parti.
c’est qu’ils lisent les lettres\Nquand je serai parti.
Quand tu auras fini d’écrire,
Quand tu auras fini d’écrire,
garde les lettres avec toi.
garde les lettres avec toi.
Ne les poste pas tout de suite.
Ne les poste pas tout de suite.
Bien.
Bien.
T’as compris ?
T’as compris ?
Tu sauras faire ?
Tu sauras faire ?
Aucun problème.
Aucun problème.
Ce n’est pas la première fois\Nqu’on me fait ce type de demande.
Ce n’est pas la première fois\Nqu’on me fait ce type de demande.
J’ai écrit à une demoiselle\Nun peu plus jeune que vous,
J’ai écrit à une demoiselle\Nun peu plus jeune que vous,
de la part de sa maman.
de la part de sa maman.
Elle souhaitait qu’après son décès,
Elle souhaitait qu’après son décès,
pendant cinquante ans,
pendant cinquante ans,
sa fille reçoive une lettre\Nà son anniversaire.
sa fille reçoive une lettre\Nà son anniversaire.
Pendant cinquante ans ?
Pendant cinquante ans ?
Cinquante lettres ?
Cinquante lettres ?
Oui.
Oui.
Aujourd’hui encore,
Aujourd’hui encore,
chaque année à son anniversaire,
chaque année à son anniversaire,
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elle continue
à recevoir ces lettres.
elle continue
\N
à recevoir ces lettres.
Désolé mais moi,\Nje ne peux pas t’en commander autant.
Désolé mais moi,\Nje ne peux pas t’en commander autant.
Tout ce que j’ai,\Nc’est ce qu’il y a dans cette boîte.
Tout ce que j’ai,\Nc’est ce qu’il y a dans cette boîte.
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Qu’est-ce que
tu peux écrire avec ça ?
Qu’est-ce que
\N
tu peux écrire avec ça ?
Pour trois lettres,
Pour trois lettres,
cela ferait\Nenviron vingt caractères par lettre.
cela ferait\Nenviron vingt caractères par lettre.
Vingt caractères ?
Vingt caractères ?
« Chère maman…
« Chère maman…
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«
Porte-toi bien. Ulysse. »
Porte-toi bien. Ulysse. »
C’est super court !
C’est super court !
Même moi, je pourrais l’écrire !
Même moi, je pourrais l’écrire !
Ce que je veux,
Ce que je veux,
c’est que ma mère,\Nmon père et mon petit frère
c’est que ma mère,\Nmon père et mon petit frère
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trouvent du réconfort
et de l’énergie
trouvent du réconfort
\N
et de l’énergie
quand ils liront ces lettres !
quand ils liront ces lettres !
Monsieur Ulysse,
Monsieur Ulysse,
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je vous ai indiqué
le tarif ordinaire.
je vous ai indiqué
\N
le tarif ordinaire.
Mais sachez que notre
compagnie
Mais sachez que notre
poste
pratique des réductions\Npour les enfants.
pratique des réductions\Npour les enfants.
Ainsi,
Ainsi,
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avec l’argent
que contient cette boîte,
avec l’argent
\N
que contient cette boîte,
vous pouvez prétendre\Naux lettres que vous espérez.
vous pouvez prétendre\Naux lettres que vous espérez.
C’est vrai, ça ?
C’est vrai, ça ?
Oui.
Oui.
Ne me baratine pas.
Ne me baratine pas.
Je ne vous baratine pas.
Je ne vous baratine pas.
Pour mener à bien notre mission,
Pour mener à bien notre mission,
nous avons des clauses spéciales\Nqui pallient aux imprévus.
nous avons des clauses spéciales\Nqui pallient aux imprévus.
Des dispositions d’urgence.
Des dispositions d’urgence.
J’ai pas tout compris,
J’ai pas tout compris,
mais ça a l’air chouette.
mais ça a l’air chouette.
Ça veut dire que c’est bien.
Ça veut dire que c’est bien.
Bon, on s’y met ?
Bon, on s’y met ?
Tes mains…
Tes mains…
La guerre me les a prises.
La guerre me les a prises.
Il y a quelques années,\Nj’étais moi-même hospitalisée.
Il y a quelques années,\Nj’étais moi-même hospitalisée.
T’es vraiment capable d’écrire ?
T’es vraiment capable d’écrire ?
Il m’a fallu du temps pour apprendre\Nà maîtriser ces prothèses,
Il m’a fallu du temps pour apprendre\Nà maîtriser ces prothèses,
mais je m’y suis faite.
mais je m’y suis faite.
Au point que je sais faire\Nce genre de gestes.
Au point que je sais faire\Nce genre de gestes.
T’es marrante, comme fille.
T’es marrante, comme fille.
D’habitude, on me demande toujours\Ncomment je vais,
D’habitude, on me demande toujours\Ncomment je vais,
et on me dit de me reposer.
et on me dit de me reposer.
Toi, tu es différente de mes parents\Net des infirmières.
Toi, tu es différente de mes parents\Net des infirmières.
Comment ça, différente ?
Comment ça, différente ?
À force d’être inquiets\Net d’avoir pitié de moi,
À force d’être inquiets\Net d’avoir pitié de moi,
ils m’étouffent.
ils m’étouffent.
Franchement,
Franchement,
j’en peux plus.
j’en peux plus.
Bien reçu.
Bien reçu.
Je vais tâcher d’évacuer\Nces émotions de mon cerveau.
Je vais tâcher d’évacuer\Nces émotions de mon cerveau.
Je confirme, t’es marrante.
Je confirme, t’es marrante.
Allez, au boulot.
Allez, au boulot.
Tu peux m’écrire une lettre ?
Tu peux m’écrire une lettre ?
Pour mon père.
Pour mon père.
Ton père ?
Ton père ?
Il est parti à la guerre.
Il est parti à la guerre.
Dans un pays appelé\Nle Leidenschaftlich.
Dans un pays appelé\Nle Leidenschaftlich.
Il a dit qu’il reviendrait vite,
Il a dit qu’il reviendrait vite,
mais il n’est toujours pas rentré.
mais il n’est toujours pas rentré.
Alors je veux qu’il sache que moi,\Nmon frère et ma mère, on va bien.
Alors je veux qu’il sache que moi,\Nmon frère et ma mère, on va bien.
Tu veux bien m’écrire la lettre ?
Tu veux bien m’écrire la lettre ?
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Si on proposait
à Violet d’aller dîner ?
Si on proposait
\N
à Violet d’aller dîner ?
Dans ce cas, que dirais-tu\Nd’aller dans ce fameux restaurant ?
Dans ce cas, que dirais-tu\Nd’aller dans ce fameux restaurant ?
Celui où on l’a emmenée\Nquand elle a débarqué ici.
Celui où on l’a emmenée\Nquand elle a débarqué ici.
Toi…
Toi…
Capitaine Dietfried.
Capitaine Dietfried.
Commandant Hodgins.
Commandant Hodgins.
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Ou devrais-je plutôt dire «
président
».
Ou devrais-je plutôt dire «
patron
».
Moi aussi, j’ai tendance à oublier\Nque cela fait des années
Moi aussi, j’ai tendance à oublier\Nque cela fait des années
que la guerre est finie.
que la guerre est finie.
Que me veux-tu ?
Que me veux-tu ?
Rien.
Rien.
Violet.
Violet.
Capitaine.
Capitaine.
Je vous prie de m’excuser.
Je vous prie de m’excuser.
J’ai fait erreur.
J’ai fait erreur.
Non, ce n’est rien.
Non, ce n’est rien.
Tiens.
Tiens.
Est-ce le mien ?
Est-ce le mien ?
Vous venez me le rapporter ?
Vous venez me le rapporter ?
Tu l’as laissé tomber\Net je l’ai ramassé.
Tu l’as laissé tomber\Net je l’ai ramassé.
Violet, ne me dis pas qu’aujourd’hui,\Ntu es allée…
Violet, ne me dis pas qu’aujourd’hui,\Ntu es allée…
Au cimetière.
Au cimetière.
Sur la tombe de la mère du major.
Sur la tombe de la mère du major.
Capitaine,
Capitaine,
je vous remercie.
je vous remercie.
Sur ce,
Sur ce,
déposons nos affaires\Net allons manger !
déposons nos affaires\Net allons manger !
Oui, bonne idée.
Oui, bonne idée.
Violet, tu nous accompagnes ?
Violet, tu nous accompagnes ?
Oui.
Oui.
Hé.
Hé.
Bientôt,
Bientôt,
on va se débarrasser\Nd’un de nos bateaux de famille.
on va se débarrasser\Nd’un de nos bateaux de famille.
Un bateau, dites-vous ?
Un bateau, dites-vous ?
Mon frère
Mon frère
y a passé beaucoup de temps\Nquand il était enfant.
y a passé beaucoup de temps\Nquand il était enfant.
À bord, il y a des tas de livres
À bord, il y a des tas de livres
et de jouets qu’il aimait.
et de jouets qu’il aimait.
S’il y a quoi que ce soit\Nqui t’intéresse…
S’il y a quoi que ce soit\Nqui t’intéresse…
Vous m’en feriez cadeau ?
Vous m’en feriez cadeau ?
Ce ne sont que des bricoles.
Ce ne sont que des bricoles.
Je viendrai.
Je viendrai.
Je viendrai\Nlà où votre bateau est amarré.
Je viendrai\Nlà où votre bateau est amarré.
J’ignorais que chaque mois,\Ntu te recueillais sur sa tombe.
J’ignorais que chaque mois,\Ntu te recueillais sur sa tombe.
Aurais-je dû vous en informer ?
Aurais-je dû vous en informer ?
Oh, non…
Oh, non…
Bien sûr que non.
Bien sûr que non.
Ça s’appelle la vie privée.
Ça s’appelle la vie privée.
Et…
Et…
ce bateau…
ce bateau…
Je vous tiendrai informé.
Je vous tiendrai informé.
C’est pas la peine, je te dis.
C’est pas la peine, je te dis.
Violet.
Violet.
Veux-tu que je vienne ?
Veux-tu que je vienne ?
Non, ça ira.
Non, ça ira.
Inutile de vous inquiéter,\Nd’avoir pitié de moi ou de me protéger,
Inutile de vous inquiéter,\Nd’avoir pitié de moi ou de me protéger,
je vous assure.
je vous assure.
T’as compris ?
T’as compris ?
La ferme !
La ferme !
Tais-toi et mange !
Tais-toi et mange !
Violet a raison.
Violet a raison.
Arrête donc de t’inquiéter.
Arrête donc de t’inquiéter.
C’est normal que je m’inquiète.
C’est normal que je m’inquiète.
Satané Dietfried.
Satané Dietfried.
Il profite des faiblesses de Violet.
Il profite des faiblesses de Violet.
Si ça se trouve,\Nc’est un bon partenaire pour elle.
Si ça se trouve,\Nc’est un bon partenaire pour elle.
Ils pourraient partager\Ndes souvenirs du major.
Ils pourraient partager\Ndes souvenirs du major.
Il a profité du fait\Nqu’elle soit orpheline
Il a profité du fait\Nqu’elle soit orpheline
pour la récupérer\Net en faire une arme de guerre.
pour la récupérer\Net en faire une arme de guerre.
Donc il ne doit pas\Ns’approcher d’elle ?
Donc il ne doit pas\Ns’approcher d’elle ?
Même si c’est du passé ?
Même si c’est du passé ?
Tu voudrais qu’ils se lèchent\Nmutuellement les plaies ?
Tu voudrais qu’ils se lèchent\Nmutuellement les plaies ?
Pourquoi ? Ce serait mal ?
Pourquoi ? Ce serait mal ?
Violet éprouve encore\Ndes sentiments pour le major.
Violet éprouve encore\Ndes sentiments pour le major.
À force,
À force,
j’ai peur qu’elle finisse\Npar sombrer dans le chagrin.
j’ai peur qu’elle finisse\Npar sombrer dans le chagrin.
Le capitaine, lui,
Le capitaine, lui,
pourrait lui apporter\Nle réconfort nécessaire.
pourrait lui apporter\Nle réconfort nécessaire.
Un jour,
Un jour,
si je dois avoir des enfants,
si je dois avoir des enfants,
je préférerais des garçons.
je préférerais des garçons.
Avec des filles,\Nmes nerfs ne tiendraient pas.
Avec des filles,\Nmes nerfs ne tiendraient pas.
Ça, c’est le livre\Nqu’il dévorait avec passion.
Ça, c’est le livre\Nqu’il dévorait avec passion.
Il jouait aussi beaucoup\Navec notre père.
Il jouait aussi beaucoup\Navec notre père.
Ça aussi, c’était au major ?
Ça aussi, c’était au major ?
Non, ça, c’était à moi.
Non, ça, c’était à moi.
Veuillez m’excuser.
Veuillez m’excuser.
Je t’en prie, détends-toi.
Je t’en prie, détends-toi.
Oui.
Oui.
Lorsque vous et le major\Nétiez enfants,
Lorsque vous et le major\Nétiez enfants,
vous partiez souvent\Nà bord de ce bateau ?
vous partiez souvent\Nà bord de ce bateau ?
Oui, avec notre père.
Oui, avec notre père.
Notre père ne jurait\Nque par l’armée de terre,
Notre père ne jurait\Nque par l’armée de terre,
mais il aimait étrangement\Nprendre la mer.
mais il aimait étrangement\Nprendre la mer.
C’est la seule chose dont j’ai hérité.
C’est la seule chose dont j’ai hérité.
Ce sont les fleurs de la famille.
Ce sont les fleurs de la famille.
Arrête avec tes fleurs.
Arrête avec tes fleurs.
Pardon ?
Pardon ?
Que viens-tu de dire ?
Que viens-tu de dire ?
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Ce que tu veux nous montrer,
c’est ça.
Ce que tu veux nous montrer,
\N
c’est ça.
Ce que tu veux,
Ce que tu veux,
c’est qu’on devienne comme toi.
c’est qu’on devienne comme toi.
Grand frère…
Grand frère…
C’est notre unique option,
C’est notre unique option,
et tu veux qu’on le sache.
et tu veux qu’on le sache.
Grand frère !
Grand frère !
Toi, ton père avant toi,
Toi, ton père avant toi,
et tous les hommes Bougainvillea,
et tous les hommes Bougainvillea,
on est obligés de devenir soldat !
on est obligés de devenir soldat !
Papa, arrête !
Papa, arrête !
Ne le frappe pas !
Ne le frappe pas !
Moi, je le ferai.
Moi, je le ferai.
Je deviendrai comme toi.
Je deviendrai comme toi.
Plus je me rebellais,
Plus je me rebellais,
plus Gil a dû se sentir obligé\Nd’obéir à mon père.
plus Gil a dû se sentir obligé\Nd’obéir à mon père.
À cause de moi, mon petit frère\Na mené une vie de contrainte,
À cause de moi, mon petit frère\Na mené une vie de contrainte,
et moi, je n’ai jamais su\Nêtre sympathique avec lui.
et moi, je n’ai jamais su\Nêtre sympathique avec lui.
Moi,
Moi,
je n’ai ni frère ni sœur
je n’ai ni frère ni sœur
donc je n’ai pas connu cela.
donc je n’ai pas connu cela.
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{\i1}Mais plus on est
proches,
{\i1}Mais plus on est
proches,
{\i1}plus les sentiments\Npeuvent être complexes.
{\i1}plus les sentiments\Npeuvent être complexes.
{\i1}Et ça, pour l’avoir vécu,
{\i1}Et ça, pour l’avoir vécu,
je peux le comprendre.
je peux le comprendre.
Tu veux dire que tu comprends
Tu veux dire que tu comprends
les sentiments humains ?
les sentiments humains ?
Je ne dis pas ça ironiquement.
Je ne dis pas ça ironiquement.
Je le sais.
Je le sais.
Puis-je vraiment emporter
Puis-je vraiment emporter
ce livre et ce plateau de jeu ?
ce livre et ce plateau de jeu ?
On y va ?
On y va ?
Ça va ?
Ça va ?
Merci.
Merci.
On a beaucoup perdu,
On a beaucoup perdu,
toi,
toi,
comme moi.
comme moi.
Désolé pour la dernière fois.
Désolé pour la dernière fois.
« Tu ne le reverras jamais, oublie-le. »
« Tu ne le reverras jamais, oublie-le. »
C’était idiot.
C’était idiot.
Moi non plus,\Nje n’arrive pas à l’oublier.
Moi non plus,\Nje n’arrive pas à l’oublier.
Quoi qu’il arrive,
Quoi qu’il arrive,
ce sera toujours mon petit frère.
ce sera toujours mon petit frère.
Oui.
Oui.
Si un jour je le revois,
Si un jour je le revois,
j’aimerais lui demander pardon,
j’aimerais lui demander pardon,
et aussi lui parler de tas de choses.
et aussi lui parler de tas de choses.
Oui.
Oui.
La prochaine est pour mon frère.
La prochaine est pour mon frère.
L’ennui, c’est que je ne sais pas\Nquoi lui écrire.
L’ennui, c’est que je ne sais pas\Nquoi lui écrire.
Sion n’a que cinq ans.
Sion n’a que cinq ans.
Dans ce cas, pourquoi ne pas lui dire
Dans ce cas, pourquoi ne pas lui dire
ce que vous avez ressenti\Nquand il est né ?
ce que vous avez ressenti\Nquand il est né ?
Quand il est né, j’étais heureux.
Quand il est né, j’étais heureux.
On aurait dit un petit pain,
On aurait dit un petit pain,
tout chaud et tout moelleux.
tout chaud et tout moelleux.
Mais…
Mais…
Petit à petit,
Petit à petit,
vous avez eu l’impression\Nqu’il vous volait vos parents ?
vous avez eu l’impression\Nqu’il vous volait vos parents ?
Et quand ils le félicitaient,\Ncela vous contrariait ?
Et quand ils le félicitaient,\Ncela vous contrariait ?
Exactement.
Exactement.
Pourtant,
Pourtant,
quand il vous courait après,\Nil était adorable.
quand il vous courait après,\Nil était adorable.
Comment tu le sais ?
Comment tu le sais ?
Ce sont des histoires\Nqu’on m’a racontées.
Ce sont des histoires\Nqu’on m’a racontées.
Dans ce cas, ajoute aussi ceci :
Dans ce cas, ajoute aussi ceci :
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« Profite bien de la vie
pour nous deux,
« Profite bien de la vie
\N
pour nous deux,
«
et surtout,
et surtout,
«
tâche de bien t’entendre\Navec papa et maman. »
tâche de bien t’entendre\Navec papa et maman. »
« Et surtout,
« Et surtout,
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«
fais-toi bien cajoler\Npar papa et maman. »
fais-toi bien cajoler\Npar papa et maman. »
Monsieur Ulysse,
Monsieur Ulysse,
vous rêveriez\Nque vos parents vous cajolent,
vous rêveriez\Nque vos parents vous cajolent,
mais au lieu d’être sincère,
mais au lieu d’être sincère,
vous ne pouvez pas vous empêcher\Nde les repousser, je me trompe ?
vous ne pouvez pas vous empêcher\Nde les repousser, je me trompe ?
Tu sais vraiment tout.
Tu sais vraiment tout.
J’ai beaucoup appris\Nen rédigeant des lettres.
J’ai beaucoup appris\Nen rédigeant des lettres.
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Un mot, une attitude
ou un sentiment
Un mot, une attitude
\N
ou un sentiment
ont toujours
un endroit et un envers.
ont toujours
\N
un endroit et un envers.
Je sais qu’il ne faut pas\Nse fier aux apparences,
Je sais qu’il ne faut pas\Nse fier aux apparences,
et qu’il faut lire entre les lignes.
et qu’il faut lire entre les lignes.
Mais à moins de les dire,
Mais à moins de les dire,
nos véritables sentiments\Ndemeurent insondables.
nos véritables sentiments\Ndemeurent insondables.
Voilà. Je vous laisse relire ?
Voilà. Je vous laisse relire ?
Merci.
Merci.
Vous pouvez donc compter sur moi
Vous pouvez donc compter sur moi
pour garder précieusement\Nvos trois lettres.
pour garder précieusement\Nvos trois lettres.
Tu les donneras à ma famille\Nle jour où j’irai au paradis.
Tu les donneras à ma famille\Nle jour où j’irai au paradis.
Je demanderai à l’hôpital\Nde prévenir la poste de mon décès.
Je demanderai à l’hôpital\Nde prévenir la poste de mon décès.
Oui.
Oui.
Dis, on scelle notre promesse ?
Dis, on scelle notre promesse ?
La sceller ?
La sceller ?
Oui,
Oui,
en entremêlant nos petits doigts,
en entremêlant nos petits doigts,
comme ça.
comme ça.
Ensuite,
Ensuite,
on jure de ne jamais rompre\Nla promesse.
on jure de ne jamais rompre\Nla promesse.
Merci.
Merci.
Tes doigts sont sacrément froids.
Tes doigts sont sacrément froids.
Je les sens à travers mon gant.
Je les sens à travers mon gant.
Moi aussi, je serai probablement\Ndevenu froid avant l’hiver.
Moi aussi, je serai probablement\Ndevenu froid avant l’hiver.
Dites-vous que…
Dites-vous que…
les lettres que vous avez écrites
les lettres que vous avez écrites
réchaufferont certainement le cœur\Nde votre famille.
réchaufferont certainement le cœur\Nde votre famille.
Promis,
Promis,
je les leur remettrai.
je les leur remettrai.
Sur ce, ma mission est terminée.
Sur ce, ma mission est terminée.
Attends !
Attends !
Il y a encore
Il y a encore
une lettre que j’aimerais écrire.
une lettre que j’aimerais écrire.
À votre ami Lucas, c’est ça ?
À votre ami Lucas, c’est ça ?
Je vous ai entendus, sous le lit.
Je vous ai entendus, sous le lit.
Dites-lui ce que vous ressentez
Dites-lui ce que vous ressentez
tant qu’il est encore temps.
tant qu’il est encore temps.
Tu crois ?
Tu crois ?
Oui.
Oui.
Moi,
Moi,
je n’ai pu ni tout entendre,\Nni tout lui dire.
je n’ai pu ni tout entendre,\Nni tout lui dire.
À qui ?
À qui ?
À celui
À celui
qui m’a offert un « je t’aime ».
qui m’a offert un « je t’aime ».
Cet homme, il est mort ?
Cet homme, il est mort ?
Moi, je suis persuadée\Nqu’il vit encore quelque part.
Moi, je suis persuadée\Nqu’il vit encore quelque part.
Qu’est-ce que tu aurais aimé lui dire ?
Qu’est-ce que tu aurais aimé lui dire ?
Que j’ai un peu compris\Nle sens des mots « je t’aime ».
Que j’ai un peu compris\Nle sens des mots « je t’aime ».
Juste compris ?
Juste compris ?
Moi, quand j’ai su que Lucas
Moi, quand j’ai su que Lucas
demandait à venir me voir ici,
demandait à venir me voir ici,
je lui ai dit non.
je lui ai dit non.
Lucas et moi,\Non est copains depuis tout petits.
Lucas et moi,\Non est copains depuis tout petits.
On passait notre temps\Nà courir ensemble.
On passait notre temps\Nà courir ensemble.
Mais…
Mais…
mes jambes
mes jambes
comme mes bras
comme mes bras
se sont amaigris,
se sont amaigris,
et je n’avais pas envie\Nqu’il me voie dans cet état.
et je n’avais pas envie\Nqu’il me voie dans cet état.
Laissez-moi lui rédiger une lettre
Laissez-moi lui rédiger une lettre
qui exprimera tout cela.
qui exprimera tout cela.
Quant au tarif…
Quant au tarif…
Monsieur Ulysse !
Monsieur Ulysse !
J’appelle l’infirmière.
J’appelle l’infirmière.
Nous écrirons à votre ami Lucas\Nune prochaine fois.
Nous écrirons à votre ami Lucas\Nune prochaine fois.
Pardon.
Pardon.
Mais non.
Mais non.
Toutes ces lettres sont sans adresse.
Toutes ces lettres sont sans adresse.
C’est le vieux Rolland\Nqui me les a confiées.
C’est le vieux Rolland\Nqui me les a confiées.
Je comptais les renvoyer\Nà l’expéditeur quand il est indiqué.
Je comptais les renvoyer\Nà l’expéditeur quand il est indiqué.
Et tu viens demander l’aide\Nde ton patron pour ça ?
Et tu viens demander l’aide\Nde ton patron pour ça ?
De nos jours, les jeunes\Nne veulent plus faire d’heures sup.
De nos jours, les jeunes\Nne veulent plus faire d’heures sup.
Vu comme je trime,
Vu comme je trime,
tu pourrais me nommer adjoint.
tu pourrais me nommer adjoint.
Apprends d’abord la comptabilité.
Apprends d’abord la comptabilité.
Un adjoint doit savoir\Ndéchiffrer les livres de compte.
Un adjoint doit savoir\Ndéchiffrer les livres de compte.
Enfin une promotion à l’horizon !
Enfin une promotion à l’horizon !
Je vais peut-être me motiver.
Je vais peut-être me motiver.
Mais c’est…
Mais c’est…
Ce sont des lettres plutôt récentes\Nqui sont entreposées ici.
Ce sont des lettres plutôt récentes\Nqui sont entreposées ici.
Cette écriture…
Cette écriture…
Quoi ?
Quoi ?
Non, rien.
Non, rien.
L’expéditeur vit sur l’île d’Écarté.
L’expéditeur vit sur l’île d’Écarté.
Tu parles de l’ancienne colonie\Ndu Galdarik ?
Tu parles de l’ancienne colonie\Ndu Galdarik ?
Après la guerre,\Nelle a pris son indépendance.
Après la guerre,\Nelle a pris son indépendance.
Que me vaut l’honneur de ta visite,
Que me vaut l’honneur de ta visite,
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monsieur le
président
?
monsieur le
patron
?
L’autre jour…
L’autre jour…
C’est au sujet de la poupée\Nqui travaille pour toi ?
C’est au sujet de la poupée\Nqui travaille pour toi ?
Elle t’a dit quelque chose ?
Elle t’a dit quelque chose ?
Non.
Non.
Rassure-toi.
Rassure-toi.
Après sa visite sur le bateau,
Après sa visite sur le bateau,
elle est rentrée tout de suite\Npour ne pas t’inquiéter.
elle est rentrée tout de suite\Npour ne pas t’inquiéter.
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Elle était censée
me tenir au courant.
Elle était censée
\N
me tenir au courant.
Tu n’es pas son père.
Tu n’es pas son père.
Tu n’as aucun droit sur elle.
Tu n’as aucun droit sur elle.
Salaud ! Comment oses-tu ?
Salaud ! Comment oses-tu ?
Pardon.
Pardon.
Au temps pour moi.
Au temps pour moi.
Le problème, c’est que je ne sais pas\Ndire les choses autrement.
Le problème, c’est que je ne sais pas\Ndire les choses autrement.
Aujourd’hui,\Nje ne suis pas venu pour Violet.
Aujourd’hui,\Nje ne suis pas venu pour Violet.
Mais c’est…
Mais c’est…
Pourrais-tu te renseigner ?
Pourrais-tu te renseigner ?
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Président
?
Patron
?
Désolé de venir si tard.
Désolé de venir si tard.
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J’aimerais te parler
de quelque chose.
J’aimerais te parler
\N
de quelque chose.
De quoi s’agit-il ?
De quoi s’agit-il ?
Rien…
Rien…
n’est encore sûr.
n’est encore sûr.
Si ça se trouve,
Si ça se trouve,
c’est une erreur.
c’est une erreur.
Est-ce qu’il s’agit du major ?
Est-ce qu’il s’agit du major ?
Vous avez trouvé quelque chose ?
Vous avez trouvé quelque chose ?
Le major Gilbert
Le major Gilbert
aurait-il refait surface ?
aurait-il refait surface ?
Vous partez tout de suite ?
Vous partez tout de suite ?
Oui.
Oui.
C’est peut-être une erreur,\Nmais on va vérifier.
C’est peut-être une erreur,\Nmais on va vérifier.
D’accord.
D’accord.
On garde la boutique.
On garde la boutique.
Violet,
Violet,
ça va ?
ça va ?
Vous croyez que ça ira ?
Vous croyez que ça ira ?
Suis-je assez présentable ?
Suis-je assez présentable ?
Rien ne cloche, chez moi ?
Rien ne cloche, chez moi ?
Beaucoup de temps a passé.
Beaucoup de temps a passé.
Pensez-vous qu’il me reconnaîtra ?
Pensez-vous qu’il me reconnaîtra ?
Arrête,
Arrête,
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V
Violet.
Quand je le verrai,
par quoi dois-je commencer ?
Ma situation actuelle ?
À moins que ce ne soit\Nmes sentiments
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# Texte original Eurozoom DU FOND DU CŒUR C’est tellement brutal. Elle aurait pu me dire\Nqu’elle était malade. Elle savait que tu étais occupée, elle n’a pas dû oser. Tu connais mamie. Ça ne devrait pas t’étonner. Daisy. C’est un reproche ? Tu m’en veux, ma chérie ? Non. Je me dis juste que mamie\Naurait aimé te voir plus souvent. Qu’elle aurait aimé\Nt’avoir auprès d’elle. Surtout quand on sait à quel point elle t’aimait. Ta grand-mère a perdu sa mère\Nquand elle était très jeune. Des lettres ? Ta grand-mère les a reçues après le décès\Nde ton arrière-grand-mère. Comment une défunte\Na-t-elle pu lui écrire ? Chaque année après son décès, elle a fait en sorte\Nque sa fille reçoive une lettre pour son anniversaire. Grâce à une poupée. Une poupée ? Les poupées ne savent pas écrire. Non. Mais un homme\Ndont la femme était aveugle a fabriqué une machine à écrire qu’il a baptisée « la poupée\Nde souvenirs automatiques ». Ensuite, les femmes exerçant\Nle métier d’écrivain public ont été appelées des « poupées ». En quoi ça consistait ? À écrire pour les autres ? Oui. Autrefois, savoir lire et écrire était assez rare. Mais l’écriture s’est démocratisée, le téléphone aussi, et les gens ont renoncé au courrier. Aujourd’hui, c’est un métier\Nqui a probablement disparu. Avant, pour les grandes occasions ou en cas de difficulté, on faisait appel aux poupées. Ces lettres, ta grand-mère y tenait énormément. Je vois. Il faut qu’on y aille. Tes patients t’attendent. Oui. Allez, Daisy. Moi, je vais rester encore un peu. Si tout le monde part\Nà peine les funérailles terminées, mamie va être triste. Daisy… Tu peux partir, maman. De toute façon, tu privilégies toujours\Nton travail à ta famille. C’est faux. Que ce soit toi ou ta grand-mère, vous comptez beaucoup pour moi. Viens, je t’emmène à la gare. Daisy, on sera de retour\Naprès le travail. Mamie… J’ai encore dit\Ndes choses affreuses à maman. Pourtant, je sais à quel point\Nelle fait un métier difficile. « Anne, « Joyeux huitième anniversaire. » {\i1}Peut-être as-tu souvent du chagrin {\i1}ou es-tu découragée\Npar les épreuves qui t’attendent, {\i1}mais accroche-toi. {\i1}Peut-être t’arrive-t-il\Nde pleurer de tristesse, {\i1}mais n’oublie pas, {\i1}ma petite Anne chérie, {\i1}je t’aimerai toujours. {\i1}Anne, {\i1}Joyeux dixième anniversaire. {\i1}Tu as dû grandir, {\i1}et tu es sûrement devenue\Nune jeune fille. {\i1}Mais je suis sûre\Nque tu aimes encore lire et danser. {\i1}Qu’en est-il des devinettes\Net de la chasse aux insectes ? {\i1}Joyeux dix-huitième anniversaire. {\i1}Te voilà devenue une vraie lady. {\i1}As-tu rencontré l’amour ? {\i1}Je ne peux pas être ta confidente, {\i1}mais si c’est l’homme que tu as choisi, {\i1}il est forcément charmant. {\i1}Joyeux anniversaire, Anne. {\i1}Déjà vingt ans que tu es née.\NC’est formidable ! {\i1}Même si tu es désormais une adulte,\Ntu as le droit d’être fragile. {\i1}Et siparfois tu doutes, {\i1}sache que je suis là, {\i1}Anne. {\i1}Aujourd’hui {\i1}etpour toujours, {\i1}je veillerai sur toi, {\i1}Anne. Chaque année, pour son anniversaire, mamie recevait ces lettres. Mon arrière-grand-mère devait vraiment s’inquiéter pour elle. Une coupure de journal. Ce serait elle ? {\i1}Les lettres de ma grand-mère {\i1}auraient été écrites par une poupée\Ntrès renommée à l’époque. {\i1}Tantôt elle rédigeait\Nles lettres d’amour d’une princesse, {\i1}tantôt on lui commandait {\i1}les paroles d’un opéra\Npour une chanteuse à succès. {\i1}Une autre fois encore, {\i1}elle aurait même écrit une pièce\Npour un célèbre dramaturge. {\i1}Elle était employée\Nà la compagnie postale de Leiden, {\i1}mais elle aurait démissionné\Nà l’âge de dix-huit ans. {\i1}Après quoi,\Nelle n’auraitplus rien écrit. {\i1}Cette poupée s’appelait… VIOLET EVERGARDEN Je l’ai ramassée sur le front nord-est. Elle n’a pas encore de nom. Allez, prosterne-toi. Ne la maltraite pas ! Ce n’est qu’une enfant. Gil… Ce n’est pas une enfant. C’est une arme. Une simple machine à tuer. Si ça te va, je vais te donner un nom. Violet. Ce sera Violet. Je suis certain qu’en grandissant, tu deviendras une femme\Ndigne de ce prénom. Tu n’es pas une machine. Il ne tient qu’à toi d’honorer ton nom. Violet Evergarden. Avancez-vous. L’auteure de l’ode à la mer\Nrédigée pour cette fête va remettre à la prêtresse de la mer,\Nmademoiselle Irma Felice, le texte qu’elle a écrit. Ton ode à la mer était magnifique, Violet. Absolument. Ça valait le coup\Nde se décarcasser, Violet. Oui. C’était un exercice difficile. {\i1}La mer s’étend à perte de vue, {\i1}abrite\Nde nombreuses espèces marines {\i1}et elle est riche et belle, mais… Mais contrairement aux hommes, elle n’a ni mérite, ni statut,\Nni personnalité, et j’ai peiné à en faire l’éloge. Oui, je comprends. Allez ! L’an prochain, je me dévoue. Du calme. Pour écrire l’ode à la mer,\Nil faut être désigné. Tu vas voir, je vais écrire\Nplein de lettres incroyables et je serai la prochaine élue ! Pas vrai, Violet ? Oui, je te le souhaite. Compte sur moi. Oui. Violet Evergarden. Monsieur le maire. Madame. Violet, je te présente le maire de Leiden et son épouse. Enchantée de vous rencontrer. Où que vous soyez, j’accours sur commande. Je suis la poupée\Nde souvenirs automatiques Violet Evergarden. Charmante. On dirait vraiment une poupée. J’ai beaucoup entendu parler de toi. Si tu as été désignée cette année pour écrire l’ode à la mer\Nde notre célèbre fête de la gratitude, c’est parce que je t’ai recommandée. J’ai lu les lettres d’amour publiques de la princesse de Brueghel, ainsi que le serment du roi Damien. Ce sont des textes magnifiques qui reflètent parfaitement\Nta charmante personnalité. Pour le serment du couronnement, je me suis inspirée des idéaux et des ambitions\Ndu roi Damien. Vous m’avez qualifiée\Nde personne charmante, mais ce que j’écris n’est pas corrélé à ce que je suis. Désolée. Violet, ce qu’il veut dire, c’est que… Ce que je veux dire,\Nc’est que j’apprécie ton talent. Aujourd’hui,\Ntu officies en tant que poupée, mais lorsque tu étais soldat, tu as aussi sauvé notre pays,\Nle Leidenschaftlich. Ce n’est pas moi qui l’ai sauvé, mais tous ceux qui ont combattu. Cela dit, cette guerre a emporté\Nun grand nombre de vies. Et j’y ai contribué. C’est pourquoi je ne mérite aucunement\Nvos louanges. On mange un bout ? Je veux des nouilles. Tu pourrais changer, parfois. D’accord. Violet. Erika. Ça fait longtemps. Tu as l’air en forme. Oui. Ravie de vous revoir, président. Ça te plaît, d’assister un dramaturge ? Il s’agit bien de celui\Npour lequel tu écrivais, Violet ? Oui. Après l’une de ses représentations, je lui ai présenté Erika. J’ai insisté pour qu’il me prenne\Ncomme élève. Jour après jour,\Nil ne cesse de réécrire sa pièce et je peine à tout retaper à la machine, mais j’apprends beaucoup. Tu veux des nouilles ? Arrête, Benedict.\NTu pollues la conversation. C’est pas sympa, t’abuses ! Tu viens faire\Nle tour des stands avec nous ? Désolée, merci pour l’invitation, mais aujourd’hui, on répète une pièce\Nqu’on joue le mois prochain. C’est toi qui l’as écrite, Erika ? C’est une petite pièce qu’on jouera\Ndans une salle municipale, mais n’hésite pas à venir. Sur ce… je vais vous laisser. Oui. Quand on espère très fort,\Nles choses finissent par arriver. Quand on espère très fort\Nmais que ça n’arrive pas, qu’est-ce qu’on est censé faire ? Je vais vous laisser aussi. Il me reste encore\Nbeaucoup de lettres à écrire. Tu devrais prendre ta journée. C’est la fête ! Non. Cela mettrait\Nmon organisation en péril. Je préfère rentrer. Major. Major. Laisse-moi ici, et va-t’en. Jamais\Nje ne vous laisserai mourir, Major. Arrête. Je t’en prie, arrête ! Tu dois vivre, Violet. Toi, tu dois vivre, et devenir libre. Du fond du cœur… je t’aime. {\i1}Cher Major Gilbert, {\i1}Aujourd’hui, {\i1}j’ai encore pensé à vous. {\i1}Quoi que je voie, {\i1}quoi que je fasse, {\i1}tout me ramène à vous. {\i1}Le temps passe, {\i1}le passé s’éloigne, {\i1}mais les souvenirs\Nque je garde de vous {\i1}sont toujours aussi vifs. {\i1}Vous m’avez prise sous votre aile. {\i1}Je ne savais rien faire, {\i1}et vous m’avez appris à vivre. {\i1}Et surtout, {\i1}pour la première fois… {\i1}« Je t’aime. » {\i1}Vous m’avez offert ces mots. {\i1}C’estpour cela {\i1}que je ne peux m’empêcher\Nde vous écrire. {\i1}Un jour, {\i1}j’espère que cette lettre\Nvous parviendra, {\i1}et que mon souhait se réalisera. Et voici… vos trois chlors de monnaie. Je vous remercie. Le colis pèse 1,2 livres, ce qui fait 11 chlors. Compagnie postale CH. Où que vous soyez,\Nnous accourons sur commande. Je suis la poupée de souvenirs\Nautomatiques, Iris Cannary. Oui. Oui, elle est là. Merci d’avoir patienté. Malheureusement, ma collègue n’est pas disponible\Navant trois mois. Puis-je la remplacer ? Ah bon, d’accord. Entendu. Je prends note de votre réservation\Npour dans trois mois. Oui, bien sûr. Au revoir. Iris. Ne montre pas ta frustration au client. Ça ne se voit pas,\Nsurtout au téléphone. La voix trahit l’émotion. D’accord. Et puis, toi aussi,\Ntu as plein de réservations. Pas autant que toi, Cattleyla. Si ça continue, je serai éternellement numéro 3. Bonsoir. Ah, président. Bonsoir. La semaine a été chargée. Demain, repos pour tout le monde. Moi, je suis en déplacement,\Nce week-end. Je dois assister à la signature\Ndu traité commercial avec le Galdarik. Oui, j’avais oublié. Moi, je vais à la fête\Norganisée par la femme du maire, pour prospecter de nouveaux clients. Quelles travailleuses acharnées… Comme je me suis mis au tennis, j’espérais que l’une de vous\Naccepte de jouer contre moi. Vous n’êtes pas inquiet, président ? C’est le moment ou jamais\Nde travailler. À cause de cet appareil répugnant, le courrier va finir par être démodé. Bientôt, la tour de transmission sera finie, et là, le téléphone va se démocratiser. Tu as raison. Les temps changent. Notre compagnie postale\Nva devoir s’adapter. Un jour, elle finira peut-être\Npar devenir obsolète. Les poupées aussi. Elles tomberont en désuétude, et elles disparaîtront peut-être. Justement ! Prospérons tant qu’il est temps ! Et toi Violet,\Ntu comptes aller à la fête ? Non, je… Pas question\Nque j’emmène une rivale ! Très bien, ça me va. De mon côté, j’ai d’autres projets. Allez ! C’est pas drôle !\NTu pourrais faire durer l’échange. Si je jouais contre une fille,\Npourquoi pas, mais contre toi, non merci. Les filles sont toutes occupées. Même Violet n’a pas voulu venir. Tant mieux pour elle. Pour une fois qu’elle sort. Cela dit, quand elle est là, j’attire plus l’attention des filles. Sur ma tournée, on me dit souvent : « Vous travaillez\Npour la compagnie postale CH ? « Vous pourriez me présenter\Nvotre collègue Violet ? » N’utilise pas Violet\Npour servir tes intérêts vicieux ! En tout cas, je me demande où elle est allée. Tu es trop protecteur. Capitaine. Ainsi, c’était toi. Tu fleuris la tombe de ma mère\Ntous les mois. En théorie, la date anniversaire est demain, mais je ne voulais pas\Nimportuner la famille. Préféreriez-vous\Nque je ne vienne plus ? Non. Mais tu n’es pas obligée de venir alors que tu es en congé. C’est parce que je suis en congé\Nque je peux venir. Tu fais ça pour mon frère ? Non, je ne viens pas au nom du major. Je viens parce que j’en ai envie. Combien d’années se sont écoulées depuis la fin de la guerre ? Fais-toi une raison. Il ne reviendra pas. Oublie Gilbert. C’est pour ton bien. Oublier, c’est difficile. Tant que je serai en vie, je ne parviendrai pas à l’oublier. Hé ! Violet. Non. Ce n’est pas une violette\Nmais une pensée. Ah bon ? Tu t’y connais, dis-moi. {\i1}Même si\Nje ne peux plus jamais le revoir… Oublier, c’est difficile, hein… Mon ruban… Allô, ici la compagnie post… {\i1}T’es bien une poupée ? Oui, en effet. {\i1}C’est vrai ? {\i1}Dans ce cas,\Nj’ai un boulot à te confier. {\i1}Tu pourrais venir me voir ? Aujourd’hui, nous sommes en congé. {\i1}Ah bon ? {\i1}Je vois… Excusez-moi mais vu votre voix,\Nvous devez être très jeune. Et alors, il y a un âge minimum\Npour écrire des lettres ? Je croyais que les poupées\Naccouraient sur commande. C’est du pipeau ? Non, pas du tout. {\i1}Viens, alors ! C’est qui ? Je suis la poupée\Nde la compagnie postale CH. Vas-y, entre. Je me permets. Enchantée de vous rencontrer. Où que vous soyez, j’accours sur commande. Je suis la poupée\Nde souvenirs automatiques, Violet Evergarden. J’en reviens pas que tu sois là. C’était votre souhait. Tu es très jeune. Ça va aller ? Je ferai de mon mieux. Ulysse ! Grand frère, c’est nous ! On peut entrer ? Une minute ! Cache-toi, vite ! Vite ! Grand frère ! Ulysse, tu avais de la visite ? Non. Vraiment ? J’ai cru entendre une voix. Comment tu te sens ? Ne me pose pas la question\Ntous les jours. Ça va ? Si ça allait, je serais pas ici. Pardon. Grand frère, grand frère. Je vais te lire une histoire. Je m’en fous de ton histoire,\Nlâche-moi. Ton grand frère ne se sent pas bien. Il y a de quoi. J’ai subi trois opérations, et je suis hospitalisé depuis un an. Ulysse, ton copain Lucas\Naimerait te rendre visite. Il voudrait te voir. Pas la peine. Pourquoi ? C’est ton meilleur ami. Pas la peine, je te dis ! C’est quoi, ça ? C’est tout usé. Touche pas à ça, crétin ! C’est à un visiteur\Nde la chambre d’à côté. Il m’a demandé de la lui garder. Enfin… Bref, je suis fatigué. Désolée, mon chéri. On va aller faire un petit tour,\Nd’accord ? Bonne idée. Fais donc une petite sieste. À tout à l’heure. Pardon… C’est bon, je peux sortir ? J’aimerais que vous m’expliquiez pourquoi j’ai dû me cacher, Monsieur. Tu peux m’appeler Ulysse. Monsieur Ulysse, alors. Ni papa, ni maman, ni mon frère, ne doivent être au courant. Pour la lettre ? Je veux leur écrire à tous les trois. Mon souhait, c’est qu’ils lisent les lettres\Nquand je serai parti. Quand tu auras fini d’écrire, garde les lettres avec toi. Ne les poste pas tout de suite. Bien. T’as compris ? Tu sauras faire ? Aucun problème. Ce n’est pas la première fois\Nqu’on me fait ce type de demande. J’ai écrit à une demoiselle\Nun peu plus jeune que vous, de la part de sa maman. Elle souhaitait qu’après son décès, pendant cinquante ans, sa fille reçoive une lettre\Nà son anniversaire. Pendant cinquante ans ? Cinquante lettres ? Oui. Aujourd’hui encore, chaque année à son anniversaire, elle continue à recevoir ces lettres. Désolé mais moi,\Nje ne peux pas t’en commander autant. Tout ce que j’ai,\Nc’est ce qu’il y a dans cette boîte. Qu’est-ce que tu peux écrire avec ça ? Pour trois lettres, cela ferait\Nenviron vingt caractères par lettre. Vingt caractères ? « Chère maman… « Porte-toi bien. Ulysse. » C’est super court ! Même moi, je pourrais l’écrire ! Ce que je veux, c’est que ma mère,\Nmon père et mon petit frère trouvent du réconfort et de l’énergie quand ils liront ces lettres ! Monsieur Ulysse, je vous ai indiqué le tarif ordinaire. Mais sachez que notre compagnie pratique des réductions\Npour les enfants. Ainsi, avec l’argent que contient cette boîte, vous pouvez prétendre\Naux lettres que vous espérez. C’est vrai, ça ? Oui. Ne me baratine pas. Je ne vous baratine pas. Pour mener à bien notre mission, nous avons des clauses spéciales\Nqui pallient aux imprévus. Des dispositions d’urgence. J’ai pas tout compris, mais ça a l’air chouette. Ça veut dire que c’est bien. Bon, on s’y met ? Tes mains… La guerre me les a prises. Il y a quelques années,\Nj’étais moi-même hospitalisée. T’es vraiment capable d’écrire ? Il m’a fallu du temps pour apprendre\Nà maîtriser ces prothèses, mais je m’y suis faite. Au point que je sais faire\Nce genre de gestes. T’es marrante, comme fille. D’habitude, on me demande toujours\Ncomment je vais, et on me dit de me reposer. Toi, tu es différente de mes parents\Net des infirmières. Comment ça, différente ? À force d’être inquiets\Net d’avoir pitié de moi, ils m’étouffent. Franchement, j’en peux plus. Bien reçu. Je vais tâcher d’évacuer\Nces émotions de mon cerveau. Je confirme, t’es marrante. Allez, au boulot. Tu peux m’écrire une lettre ? Pour mon père. Ton père ? Il est parti à la guerre. Dans un pays appelé\Nle Leidenschaftlich. Il a dit qu’il reviendrait vite, mais il n’est toujours pas rentré. Alors je veux qu’il sache que moi,\Nmon frère et ma mère, on va bien. Tu veux bien m’écrire la lettre ? Si on proposait à Violet d’aller dîner ? Dans ce cas, que dirais-tu\Nd’aller dans ce fameux restaurant ? Celui où on l’a emmenée\Nquand elle a débarqué ici. Toi… Capitaine Dietfried. Commandant Hodgins. Ou devrais-je plutôt dire « président ». Moi aussi, j’ai tendance à oublier\Nque cela fait des années que la guerre est finie. Que me veux-tu ? Rien. Violet. Capitaine. Je vous prie de m’excuser. J’ai fait erreur. Non, ce n’est rien. Tiens. Est-ce le mien ? Vous venez me le rapporter ? Tu l’as laissé tomber\Net je l’ai ramassé. Violet, ne me dis pas qu’aujourd’hui,\Ntu es allée… Au cimetière. Sur la tombe de la mère du major. Capitaine, je vous remercie. Sur ce, déposons nos affaires\Net allons manger ! Oui, bonne idée. Violet, tu nous accompagnes ? Oui. Hé. Bientôt, on va se débarrasser\Nd’un de nos bateaux de famille. Un bateau, dites-vous ? Mon frère y a passé beaucoup de temps\Nquand il était enfant. À bord, il y a des tas de livres et de jouets qu’il aimait. S’il y a quoi que ce soit\Nqui t’intéresse… Vous m’en feriez cadeau ? Ce ne sont que des bricoles. Je viendrai. Je viendrai\Nlà où votre bateau est amarré. J’ignorais que chaque mois,\Ntu te recueillais sur sa tombe. Aurais-je dû vous en informer ? Oh, non… Bien sûr que non. Ça s’appelle la vie privée. Et… ce bateau… Je vous tiendrai informé. C’est pas la peine, je te dis. Violet. Veux-tu que je vienne ? Non, ça ira. Inutile de vous inquiéter,\Nd’avoir pitié de moi ou de me protéger, je vous assure. T’as compris ? La ferme ! Tais-toi et mange ! Violet a raison. Arrête donc de t’inquiéter. C’est normal que je m’inquiète. Satané Dietfried. Il profite des faiblesses de Violet. Si ça se trouve,\Nc’est un bon partenaire pour elle. Ils pourraient partager\Ndes souvenirs du major. Il a profité du fait\Nqu’elle soit orpheline pour la récupérer\Net en faire une arme de guerre. Donc il ne doit pas\Ns’approcher d’elle ? Même si c’est du passé ? Tu voudrais qu’ils se lèchent\Nmutuellement les plaies ? Pourquoi ? Ce serait mal ? Violet éprouve encore\Ndes sentiments pour le major. À force, j’ai peur qu’elle finisse\Npar sombrer dans le chagrin. Le capitaine, lui, pourrait lui apporter\Nle réconfort nécessaire. Un jour, si je dois avoir des enfants, je préférerais des garçons. Avec des filles,\Nmes nerfs ne tiendraient pas. Ça, c’est le livre\Nqu’il dévorait avec passion. Il jouait aussi beaucoup\Navec notre père. Ça aussi, c’était au major ? Non, ça, c’était à moi. Veuillez m’excuser. Je t’en prie, détends-toi. Oui. Lorsque vous et le major\Nétiez enfants, vous partiez souvent\Nà bord de ce bateau ? Oui, avec notre père. Notre père ne jurait\Nque par l’armée de terre, mais il aimait étrangement\Nprendre la mer. C’est la seule chose dont j’ai hérité. Ce sont les fleurs de la famille. Arrête avec tes fleurs. Pardon ? Que viens-tu de dire ? Ce que tu veux nous montrer, c’est ça. Ce que tu veux, c’est qu’on devienne comme toi. Grand frère… C’est notre unique option, et tu veux qu’on le sache. Grand frère ! Toi, ton père avant toi, et tous les hommes Bougainvillea, on est obligés de devenir soldat ! Papa, arrête ! Ne le frappe pas ! Moi, je le ferai. Je deviendrai comme toi. Plus je me rebellais, plus Gil a dû se sentir obligé\Nd’obéir à mon père. À cause de moi, mon petit frère\Na mené une vie de contrainte, et moi, je n’ai jamais su\Nêtre sympathique avec lui. Moi, je n’ai ni frère ni sœur donc je n’ai pas connu cela. {\i1}Mais plus on estproches, {\i1}plus les sentiments\Npeuvent être complexes. {\i1}Et ça, pour l’avoir vécu, je peux le comprendre. Tu veux dire que tu comprends les sentiments humains ? Je ne dis pas ça ironiquement. Je le sais. Puis-je vraiment emporter ce livre et ce plateau de jeu ? On y va ? Ça va ? Merci. On a beaucoup perdu, toi, comme moi. Désolé pour la dernière fois. « Tu ne le reverras jamais, oublie-le. » C’était idiot. Moi non plus,\Nje n’arrive pas à l’oublier. Quoi qu’il arrive, ce sera toujours mon petit frère. Oui. Si un jour je le revois, j’aimerais lui demander pardon, et aussi lui parler de tas de choses. Oui. La prochaine est pour mon frère. L’ennui, c’est que je ne sais pas\Nquoi lui écrire. Sion n’a que cinq ans. Dans ce cas, pourquoi ne pas lui dire ce que vous avez ressenti\Nquand il est né ? Quand il est né, j’étais heureux. On aurait dit un petit pain, tout chaud et tout moelleux. Mais… Petit à petit, vous avez eu l’impression\Nqu’il vous volait vos parents ? Et quand ils le félicitaient,\Ncela vous contrariait ? Exactement. Pourtant, quand il vous courait après,\Nil était adorable. Comment tu le sais ? Ce sont des histoires\Nqu’on m’a racontées. Dans ce cas, ajoute aussi ceci : « Profite bien de la vie pour nous deux, « et surtout, « tâche de bien t’entendre\Navec papa et maman. » « Et surtout, « fais-toi bien cajoler\Npar papa et maman. » Monsieur Ulysse, vous rêveriez\Nque vos parents vous cajolent, mais au lieu d’être sincère, vous ne pouvez pas vous empêcher\Nde les repousser, je me trompe ? Tu sais vraiment tout. J’ai beaucoup appris\Nen rédigeant des lettres. Un mot, une attitude ou un sentiment ont toujours un endroit et un envers. Je sais qu’il ne faut pas\Nse fier aux apparences, et qu’il faut lire entre les lignes. Mais à moins de les dire, nos véritables sentiments\Ndemeurent insondables. Voilà. Je vous laisse relire ? Merci. Vous pouvez donc compter sur moi pour garder précieusement\Nvos trois lettres. Tu les donneras à ma famille\Nle jour où j’irai au paradis. Je demanderai à l’hôpital\Nde prévenir la poste de mon décès. Oui. Dis, on scelle notre promesse ? La sceller ? Oui, en entremêlant nos petits doigts, comme ça. Ensuite, on jure de ne jamais rompre\Nla promesse. Merci. Tes doigts sont sacrément froids. Je les sens à travers mon gant. Moi aussi, je serai probablement\Ndevenu froid avant l’hiver. Dites-vous que… les lettres que vous avez écrites réchaufferont certainement le cœur\Nde votre famille. Promis, je les leur remettrai. Sur ce, ma mission est terminée. Attends ! Il y a encore une lettre que j’aimerais écrire. À votre ami Lucas, c’est ça ? Je vous ai entendus, sous le lit. Dites-lui ce que vous ressentez tant qu’il est encore temps. Tu crois ? Oui. Moi, je n’ai pu ni tout entendre,\Nni tout lui dire. À qui ? À celui qui m’a offert un « je t’aime ». Cet homme, il est mort ? Moi, je suis persuadée\Nqu’il vit encore quelque part. Qu’est-ce que tu aurais aimé lui dire ? Que j’ai un peu compris\Nle sens des mots « je t’aime ». Juste compris ? Moi, quand j’ai su que Lucas demandait à venir me voir ici, je lui ai dit non. Lucas et moi,\Non est copains depuis tout petits. On passait notre temps\Nà courir ensemble. Mais… mes jambes comme mes bras se sont amaigris, et je n’avais pas envie\Nqu’il me voie dans cet état. Laissez-moi lui rédiger une lettre qui exprimera tout cela. Quant au tarif… Monsieur Ulysse ! J’appelle l’infirmière. Nous écrirons à votre ami Lucas\Nune prochaine fois. Pardon. Mais non. Toutes ces lettres sont sans adresse. C’est le vieux Rolland\Nqui me les a confiées. Je comptais les renvoyer\Nà l’expéditeur quand il est indiqué. Et tu viens demander l’aide\Nde ton patron pour ça ? De nos jours, les jeunes\Nne veulent plus faire d’heures sup. Vu comme je trime, tu pourrais me nommer adjoint. Apprends d’abord la comptabilité. Un adjoint doit savoir\Ndéchiffrer les livres de compte. Enfin une promotion à l’horizon ! Je vais peut-être me motiver. Mais c’est… Ce sont des lettres plutôt récentes\Nqui sont entreposées ici. Cette écriture… Quoi ? Non, rien. L’expéditeur vit sur l’île d’Écarté. Tu parles de l’ancienne colonie\Ndu Galdarik ? Après la guerre,\Nelle a pris son indépendance. Que me vaut l’honneur de ta visite, monsieur le président ? L’autre jour… C’est au sujet de la poupée\Nqui travaille pour toi ? Elle t’a dit quelque chose ? Non. Rassure-toi. Après sa visite sur le bateau, elle est rentrée tout de suite\Npour ne pas t’inquiéter. Elle était censée me tenir au courant. Tu n’es pas son père. Tu n’as aucun droit sur elle. Salaud ! Comment oses-tu ? Pardon. Au temps pour moi. Le problème, c’est que je ne sais pas\Ndire les choses autrement. Aujourd’hui,\Nje ne suis pas venu pour Violet. Mais c’est… Pourrais-tu te renseigner ? Président ? Désolé de venir si tard. J’aimerais te parler de quelque chose. De quoi s’agit-il ? Rien… n’est encore sûr. Si ça se trouve, c’est une erreur. Est-ce qu’il s’agit du major ? Vous avez trouvé quelque chose ? Le major Gilbert aurait-il refait surface ? Vous partez tout de suite ? Oui. C’est peut-être une erreur,\Nmais on va vérifier. D’accord. On garde la boutique. Violet, ça va ? Vous croyez que ça ira ? Suis-je assez présentable ? Rien ne cloche, chez moi ? Beaucoup de temps a passé. Pensez-vous qu’il me reconnaîtra ? Arrête, Violet. Quand je le verrai, par quoi dois-je commencer ? Ma situation actuelle ? À moins que ce ne soit\Nmes sentiments ? Saurai-je trouver les mots\Npour les lui exprimer ? Suis-je excessive ? Violet. La route est longue\Njusqu’à destination. Si tu lui écrivais une lettre\Nen chemin ? Nous revoilà, Daisy. Désolée de rentrer si tard. Daisy ? « Je vais passer « quelque temps à Leiden. » {\i1}La compagnie postale\Noù elle travaillait {\i1}fut nationalisée\Ncomme ses concurrentes, {\i1}et le bâtiment qui l’abritait\Nfut transformé en musée. {\i1}Après son départ, {\i1}où a-t-elle bien pu aller ? Prenez tout votre temps pour visiter. Excusez-moi,\Nje ne vous avais pas vue. Je vous en prie. Si vous avez la moindre question,\Nn’hésitez pas. Entendu. Figurez-vous qu’autrefois,\Nje travaillais moi-même ici, à l’accueil. Vraiment ? Excusez-moi. D’où viennent ces timbres ? Ça, ce sont des timbres qui sont édités exclusivement sur l’île d’Écarté. L’île d’Écarté ? Excusez-moi, vous m’avez bien dit\Nque vous aviez travaillé ici ? Oui. « Ô Mer, source de richesses, « vous êtes le trait d’union\Nentre tous les mondes. « Les mouettes volent « dans votre ciel. « Les poissons nagent « à l’intérieur de vous. « Les coquillages se tapissent « au plus profond de vous. « Vous diffusez la lumière, « vous façonnez la vie, « vous irradiez d’amour. « Nous resterons au creux de vous « jusqu’à la fin des temps. « Vous êtes à la fois le présent,\Nle passé et le futur, « et nous nous en remettons\Nau mouvement de vos vagues. » À l’origine, c’est une fête qui symbolise\Nnotre gratitude à la mer, mais aujourd’hui,\Nc’est plutôt devenu un hommage à nos chers disparus. Pas un seul d’entre eux n’est revenu. Sur cette île, il n’y a plus\Nque des femmes et des vieux. Et une ribambelle d’enfants. Ce n’est pas la mer, mais la guerre qui les a emportés. Je me sens coupable\Nenvers nos ancêtres. Il paraît que nos pères ont été tués\Npar des soldats de Leiden. Les gens de là-bas mériteraient tous de mourir. Le texte que l’on a entendu a été écrit à l’occasion\Nde la fête de la gratitude à Leiden. C’est une poupée très célèbre\Nqui en est l’auteure. Violet Evergarden, je crois. Les enfants ! Allez, passons à table. Allez, venez. Tu viens ? Professeur, je t’adore ! Allez, viens vite ! Dépêche-toi ! {\i1}Major, {\i1}cela fait si longtemps. {\i1}Bien que loin de vous, {\i1}jour après jour,\Nje n’aijamais cessé de penser à vous. {\i1}Aujourd’hui, {\i1}mes prières ont été entendues {\i1}et mon souhait s’est réalisé. {\i1}Si seulement {\i1}je pouvais vous revoir… Violet. Je préférerais que tu m’attendes ici. Laissez-moi venir ! Même si c’est vraiment Gilbert\Nqui est ici, on ignore dans quel état il se trouve. – Donc…\N– Ça m’est égal ! Même si toi ça t’est égal, qu’en est-il de lui ? Ici, il ne se fait pas appeler\Npar son vrai nom. C’est une petite île. Mieux vaut éviter\Nque des rumeurs circulent. Attends-moi ici, d’accord ? D’accord. Si cela me permet de voir le major, j’attendrai une éternité. C’est ta première visite ici. Si tu allais faire un tour ? Entendu. Non, je le connais pas. Bonjour. Bonjour. T’es le papa de qui ? Non, je… T’es qui, alors ? C’est louche. En fait, je travaille\Npour une compagnie postale. Tu viens distribuer des lettres, alors ? Voilà. Tiens, j’ai un cadeau pour toi. Il a eu peur ! On y va ? Un garçon,\Nc’est pas mieux pour les nerfs. T’es la grande sœur de quelqu’un ? – Non, je…\N– Tu es postière ? Oui, c’est ça. Je m’en doutais. Surprise ! Tiens ! Un insecte ? C’est une mante religieuse ? Ça ne te surprend pas ? Il lui manque une patte avant. Comme le professeur Gilibert. Est-ce qu’il lui manque aussi… l’œil droit ? T’es bien informée. Ce professeur, c’est votre professeur à vous ? Oui. Votre professeur, est-ce qu’il va bien ? Il n’a plus de bras droit, mais il fait quand même du sport. Il court vite, aussi. Très vite. Pas vrai ? Encore… Parlez-moi encore de lui. De votre professeur. Si tu veux. Tu sais, il est vraiment très gentil. Quand on ne comprend pas, il nous réexplique\Nautant de fois qu’on veut. Qui est-ce ? Entre. S’il y a quelque chose\Nque tu ne comprends pas… Je n’y croyais pas, mais… tu es bien en vie, Gilbert. Ici, je me fais appeler Gilibert. Je vois. Désolé d’être venu sans prévenir. Comment m’as-tu trouvé ? Tu as écrit une lettre pour un enfant. Les lettres sans adresse\Nreviennent à la compagnie. Avant de les renvoyer à l’expéditeur,\Non fait une ultime vérification. J’ai trouvé ta lettre par hasard. Et toi, comment as-tu atterri ici ? {\i1}Après la fameuse bataille, {\i1}je me suis réveillé\Nsur un lit d’hôpital. {\i1}Comme je n’avais pas été identifié, {\i1}on m’avait envoyé\Ndans un dispensaire. {\i1}Après avoir travaillé un temps\Npour ce dispensaire, {\i1}je n’aipas voulu rentrer au pays, {\i1}et j’ai voyagé un peu partout. {\i1}Ily a un an, {\i1}je suis arrivé ici. À force d’écrire des lettres\Npour les enfants, je suis devenu leur professeur. Pour bien faire, j’aurais dû\Nme signaler à l’armée, mais… Peu importe tout ça. Es-tu au courant\Nque Violet est en vie ? Alors pourquoi\Ntu n’es pas venu la voir ? Violet a… Elle passe sa vie à t’attendre ! C’est moi qui l’ai rendue malheureuse ! Mieux vaut… que je reste loin d’elle. Elle est ici, avec moi. Je l’ai fait patienter à l’extérieur. Si tu savais\Ncomme elle espère te voir. Je ne peux pas. Gilbert… Je ne peux plus. Plus jamais. – Mais tu…\N– Je suis mort. Gilbert Bougainvillea est mort. C’est ce que les gens croient, et au fil du temps,\Nils ont dû finir par l’accepter. Alors… laisse-moi vivre une autre vie. – Gilbert…\N– En ce moment, c’est la saison des vendanges. Je m’apprête à y participer. Tous les hommes de cette île\Nsont partis à la guerre, et aucun d’entre eux n’est revenu. Hodgins, s’il te plaît, va-t’en. D’accord, mais je repasserai. Dis-moi, est-ce que tu m’en veux ? Je ne comprends pas votre question. Ai-je fait des erreurs ? Si c’est le cas, corrigez-moi. Dites-moi ce qui ne va pas. Non. C’est moi qui ai mal agi. Je t’ai dit\Nque tu n’étais pas une machine, et pourtant, je t’ai… utilisée… C’est normal ! Je suis votre arme, Major. Nous sommes en mauvaise posture. Quels sont vos ordres ? Major, donnez-moi vos ordres ! Président. Était-ce le major ? Était-ce bien lui ? J’ai parlé avec les enfants. L’avez-vous vu en personne ? Oui. Hormis son bras et son œil blessés,\Nétait-il en forme ? Mais alors, je devrais pouvoir le voir ? Malheureusement, il ne peut pas te voir. A-t-il encore du travail ? Si c’est le cas,\Nj’attendrai qu’il ait fini. Non. Ce soir, alors ? Violet ! Dans ce cas… Demain, alors ? D’accord. Demain, j’irai le voir\Net j’essaierai de le convaincre. Il faut absolument qu’il accepte. Mais alors, si je comprends bien, ce n’est pas qu’il ne peut pas, mais c’est qu’il ne veut pas me voir, n’est-ce pas ? Pourquoi ? C’est assez compliqué, mais il pense\Nque c’est mieux pour vous deux. Je ne vois pas en quoi. Moi, moi je… Violet. Violet ! Quand ce sera terminé, ce sera un jeu d’enfant\Nde transporter le raisin là-haut. Oui, tu nous rends\Nun immense service. Il va y avoir une sacrée averse. Major ! Major ! Je l’ai trouvé. Major… Major. Pardonnez-moi de vous déranger à votre domicile. Major. Si vous étiez en vie,\Npourquoi ne pas m’avoir contactée ? Pourquoi avoir refusé de me voir ? Moi, j’ai envie de vous voir. Je veux poursuivre\Nnotre dernière conversation. Les mots « je t’aime », je commence à les comprendre. Va-t’en. Va-t’en ! J’attendrai. Jusqu’à ce que je puisse vous voir, j’attendrai ici. Celle que tu es aujourd’hui\Nn’a plus besoin de moi. Et puis, quand tu es là,\Nmes souvenirs refont surface. Je t’ai forcée à combattre\Nalors que tu n’étais qu’une enfant. Et surtout, si tu n’avais pas été sous mes ordres, tu n’aurais pas perdu tes deux bras. Major, avez-vous des regrets ? {\i1}Mon existence, {\i1}ma personne, sont-elles la cause de vos souffrances ? Celle que je suis aujourd’hui est capable de comprendre\Nce que vous ressentez. Peut-être pas totalement, mais au moins en partie. Espèce de sombre imbécile ! Tenez, utilisez ça. Je vous remercie. Nous n’avions\Nnulle part ailleurs où dormir. Il n’y a même pas une auberge\Nsur notre petite île. Violet. Ce phare fait aussi office\Nde bureau de poste. {\i1}Mais oui. {\i1}C’est déjà {\i1}le retour de la saison de ces fleurs. « Les yeux du roi étaient ornés\Nde deux saphirs bleus, « et sur son épée « scintillaient deux rubis rouge sang. » Tu lis de mieux en mieux, Violet. Reste près de moi. Tout près de moi, Violet. Bien. Vous travaillez pour la compagnie\Npostale de Leiden ? Oui. Violet Evergarden, c’est cette jeune fille ? Un hôpital de la ville\Naurait contacté votre compagnie. Un garçon prénommé Ulysse\Nserait mourant. Ulysse ? – De qui…\N– C’est… un client à moi. {\i1}Tu les donneras à ma famille\Nle jour où j’irai au paradis. {\i1}Oui. Je vais rentrer. Quoi ? Je rentre à Leiden. Violet ! Je te comprends, mais c’est la tempête. Aucun bateau ne partira\Navant demain matin. Et Gilbert, tu ne veux pas le voir ? Si, je veux le voir. Bien sûr que si ! Mais… je n’ai pas le choix. J’ai promis à Monsieur Ulysse\Nde respecter sa promesse. Et puis, il nous reste\Nune dernière lettre à écrire. Mais il te faudra\Nau moins trois jours pour rentrer. Plus vite ! Je sais ! Apparemment,\NBenedict a récupéré les lettres et se dirige vers l’hôpital avec Iris. Bien. Bonsoir. Ulysse. La poupée est arrivée. Tu as une lettre à écrire, c’est ça ? Violet ? Je suis Iris, sa remplaçante. Violet est en voyage, loin d’ici. Elle a retrouvé\Nune personne très chère. L’homme qui lui a appris le sens des mots « je t’aime » ? Oui. Il est en vie, alors. Tant mieux. On m’a expliqué ta demande. La lettre est pour Lucas, c’est ça ? Que veux-tu lui écrire ? Ulysse ! Ulysse ! Ulysse… Ça va aller, mon chéri. Oui. Mettez-moi en relation,\Ns’il vous plaît ! Ulysse, c’est Lucas. Mais… {\i1}comment ça marche ? Il faut dire… « allô ». {\i1}Ulysse ? {\i1}Allô ? Lucas… Oui ! {\i1}Tu sais, {\i1}quandje t’ai dit de ne pas venir, que je ne voulais pas te voir… Pardon. Je suis désolé. Mais pourquoi tu t’excuses ? Tu sais, {\i1}ça m’a rendu triste\Nque tu ne veuilles pas me voir, {\i1}mais je me suis dit\Nque c’était sûrement mieux pour toi, {\i1}donc j’aipris sur moi. Mais je n’ai quand même\Npas pu m’empêcher d’aller jusqu’à l’hôpital. Et là, j’ai aperçu ton visage par la fenêtre. Pardon d’avoir été méchant avec toi. {\i1}Mais non. T’inquiète, je ne suis pas fâché du tout. {\i1}Ulysse. On est amis depuis toujours,\Npas vrai ? Alors j’espère que ça va durer\Nencore longtemps. Je suis soulagé. Merci. Comme quoi, il a du bon,\Ncet appareil répugnant. Ulysse ! Pour la lettre, c’était trop tard. Mais grâce au téléphone, il a pu discuter avec Lucas, et surtout, lui dire l’essentiel : « Pardon », et « merci ». Visiblement,\Nles lettres que tu avais écrites ont bien été remises à sa famille. « Chère maman, « les pancakes que tu me faisais « étaient délicieux. « Si j’avais mangé plus de légumes, « peut-être que ça t’aurait fait\Nencore plus plaisir ? « Papa, « j’ai adoré aller pêcher\Net camper avec toi. « Sachez que je suis très heureux « d’avoir été votre fils. « Je vous adore. « Ulysse. » Son petit frère a aussi une lettre. Moi ? « Sion, « pardon de t’avoir grondé et embêté. « Mais sache que quand tu es né, « j’étais très heureux. « Merci d’avoir fait de moi\Nun grand frère. « Profite bien de la vie pour nous deux, « et surtout, « prends bien soin des parents\Npour nous deux, « ne vous disputez pas, « et fais-toi bien cajoler. « Pour mon petit frère adoré, « Ton grand frère. » Merci, grand frère. Je suis content. Papa et maman,\Nvous êtes contents aussi ? Merci, Ulysse. Ulysse était très heureux\Nque tu aies retrouvé la personne que tu cherchais. Demain matin, on retourne voir Gilbert. S’il refuse de se montrer,\Nje défoncerai sa porte, et si je dois le frapper… Non. Si quelqu’un le frappe, ce sera moi. Je plaisante. Demain matin, je rentre. Au bureau. Pour écrire des lettres. J’ai du travail en retard. Violet… Le major est en vie. Moi qui pensais\Nne plus jamais le revoir, j’ai même pu entendre sa voix. Cela… me suffit… amplement. Oh hisse ! Vas-y, montre-nous si ça fonctionne. Ça y est, il arrive ! C’est formidable. Ça va vraiment nous faciliter la vie. Le tonton postier et la jeune fille ! Le tonton… Regardez, c’est le professeur\Nqui a fabriqué cette machine. T’as vu ? Il est fort, hein ? Oui. S’il te plaît, pourrais-tu donner ceci\Nà ton professeur ? D’accord, je le ferai, promis. Salut ! Tu n’as pas à endosser ça tout seul. Si les jeunes hommes ont quitté l’île, si tant de jeunes gens\Nont péri dans cette bataille, c’est peut-être de notre faute à tous. « Combattre nous rendra prospères. » C’est ce que tout le monde pensait. Crois-moi, j’ai haï le peuple\Nde Leidenschaftlich. Mais… ils ont souffert autant que nous. Tous. Si tu as un endroit où aller,\Ntu devrais rentrer. Non. Je vais rester ici. Pour toujours. Je ne te cache pas\Nque ça nous arrange. Salut. C’est donc sur cette île que tu as enfin trouvé ta propre voie. Je reconnais\Nque l’endroit est magnifique. Grand frère. Alors comme ça,\Ntu te la coulais douce, et tu n’es même pas venu\Nà l’enterrement de maman ? Pourtant,\Ntu as toujours été son préféré. Désolé. Ne t’en fais pas, Violet rendait visite à maman pour toi, et elle continue chaque mois\Nà fleurir sa tombe. Je me disais que si un jour\Nje te revoyais, je te demanderais pardon. Mais là, j’ai plutôt envie\Nde te fourrer dans un sac, et de te balancer aux pieds de Violet. Ce jour-là, je n’aurais pas dû accepter\Nde m’en occuper. Qu’est-ce que tu aurais\Nvoulu faire, alors ? Ce n’était qu’une enfant. J’aurais aimé qu’elle puisse\Nprendre du bon temps, s’attendrir devant ce qui est adorable, être émerveillée et transportée par ce qui est beau, voilà ce que j’aurais aimé lui offrir. Mais au lieu de ça… C’est pour toi. Lis-la. {\i1}Très cher Major Gilbert, {\i1}Pardonnez-moi\Nd’être venue sans prévenir. {\i1}Ceci est la dernière lettre\Nque je vous adresse. {\i1}Si je suis encore en vie aujourd’hui, {\i1}capable de m’émouvoir\Npour quelqu’un, {\i1}c’estgrâce à vous. {\i1}Pour m’avoir acceptée\Ntelle que j’étais, {\i1}je vous remercie. {\i1}Pour m’avoir lu des livres, {\i1}enseigné l’écriture {\i1}et appris tant d’autres choses encore, {\i1}je vous remercie. {\i1}Pour m’avoir offert une broche, {\i1}je vous remercie. {\i1}Mais aussi, {\i1}pour m’avoir toujours gardée\Nauprès de vous, {\i1}je vous remercie. Du fond du cœur… {\i1}Pour m’avoir dit « je t’aime », {\i1}je vous remercie. {\i1}Le fait que vous m’ayez dit « je t’aime » {\i1}continue de me guider\Nsur le chemin de la vie. {\i1}Et surtout, {\i1}avoir découvert les mots « je t’aime » {\i1}m’a donné envie\Nde dire « je t’aime » à mon tour. {\i1}Major, {\i1}je vous remercie. {\i1}Pour tout, {\i1}je vous remercie infiniment. Décidément, ce n’est pas si simple\Nd’être franc et sincère. J’assumerai l’héritage\Ndes Bougainvillea. Toi, tu peux reprendre ta liberté. Vas-y. Major ? Gilbert… Major ! Violet ! Major… Violet. Je ne suis plus ni ton maître,\Nni ton supérieur. Je t’ai blessée. Je ne suis pas l’homme que tu crois. Je ne suis ni un être respectable, ni un homme exemplaire. Je ne suis pas un homme pour toi. Mais… aujourd’hui encore, je t’aime. Je… Reste auprès de moi, Violet. Je… Ma… Ma… Je… Violet, ne pleure pas. Moi aussi, tu sais, j’ai envie de pleurer. Laisse-moi essuyer tes larmes. Je t’en prie, relève la tête. Je… Major… Major… Je t’aime, Violet. Tu m’as tellement manqué. {\i1}Après avoir honoré\Ntous les contrats qui lui restaient, {\i1}elle quitta la compagnie postale\Noù elle travaillait, {\i1}et on dit qu’elle reprit\Nle bureau de poste du phare de l’île. {\i1}Aujourd’hui,\Nce bureau de poste a fermé {\i1}et a été transféré\Ndans une ruelle du village. {\i1}Avec l’arrivée du téléphone, {\i1}le métier de poupée\Nserait tombé en désuétude, {\i1}mais je suis certaine qu’ici, {\i1}elle rédigea de nombreuses lettres\Npour tous les habitants. {\i1}Sans quoi… Ces timbres sont vendus en exclusivité sur l’île et sont édités par le mémorial\Nde la compagnie postale CH. C’est ici que le plus grand nombre de lettres\Npar habitant est envoyé chaque année. Autrefois, il y avait\Nce qu’on appelait des poupées. Sur cette île aussi,\Nil y en avait une très connue que tout le monde adorait. Elle s’appelait… Violet Evergarden. Il se trouve que ma grand-mère a reçu des lettres\Nécrites par ses soins. {\i1}Puisque je n’arrive pas à le dire, {\i1}je vais essayer de l’écrire. {\i1}Moi aussi, je veux être sincère. {\i1}Parce que ceux à quije m’adresse {\i1}ne serontpas toujours présents. {\i1}Papa, {\i1}maman, {\i1}merci. JE VOUS AIME VIOLET EVERGARDEN
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# Texte édité matheousse C’est tellement brutal. Elle aurait pu me dire\Nqu’elle était malade. Elle savait que tu étais occupée, elle n’a pas dû oser. Tu connais mamie. Ça ne devrait pas t’étonner. Daisy. C’est un reproche ? Tu m’en veux, ma chérie ? Non. Je me dis juste que mamie\Naurait aimé te voir plus souvent. Qu’elle aurait aimé\Nt’avoir auprès d’elle. Surtout quand on sait à quel point elle t’aimait. Ta grand-mère a perdu sa mère\Nquand elle était très jeune. Des lettres ? Ta grand-mère les a reçues après le décès\Nde ton arrière-grand-mère. Comment une défunte\Na-t-elle pu lui écrire ? Chaque année après son décès, elle a fait en sorte\Nque sa fille reçoive une lettre pour son anniversaire. Grâce à une poupée. Une poupée ? Les poupées ne savent pas écrire. Non. Mais un homme\Ndont la femme était aveugle a fabriqué une machine à écrire qu’il a baptisée « la poupée\Nde souvenirs automatiques ». Ensuite, les femmes exerçant\Nle métier d’écrivain public ont été appelées des « poupées ». En quoi ça consistait ? À écrire pour les autres ? Oui. Autrefois, savoir lire et écrire était assez rare. Mais l’écriture s’est démocratisée, le téléphone aussi, et les gens ont renoncé au courrier. Aujourd’hui, c’est un métier\Nqui a probablement disparu. Avant, pour les grandes occasions ou en cas de difficulté, on faisait appel aux poupées. Ces lettres, ta grand-mère y tenait énormément. Je vois. Il faut qu’on y aille. Tes patients t’attendent. Oui. Allez, Daisy. Moi, je vais rester encore un peu. Si tout le monde part\Nà peine les funérailles terminées, mamie va être triste. Daisy… Tu peux partir, maman. De toute façon, tu privilégies toujours\Nton travail à ta famille. C’est faux. Que ce soit toi ou ta grand-mère, vous comptez beaucoup pour moi. Viens, je t’emmène à la gare. Daisy, on sera de retour\Naprès le travail. Mamie… J’ai encore dit\Ndes choses affreuses à maman. Pourtant, je sais à quel point\Nelle fait un métier difficile. « Ann. Je te souhaite\Nun joyeux huitième anniversaire. » {\i1}Tu es sûrement très triste, {\i1}il est dur\Nde devoir être si courageuse. {\i1}Garde la tête haute. {\i1}Peut-être que tu pleureras\Nde solitude, {\i1}mais n’oublie jamais. {\i1}Je t’aime du fond du cœur. {\i1}Ann. Je te souhaite\Nun joyeux dixième anniversaire. {\i1}Ma toute petite fille\Na sûrement bien grandi, {\i1}mais je sais que tu aimes toujours\Nlire des livres et danser. {\i1}Peut-être moins les devinettes\Net la chasse aux insectes ? {\i1}Je te souhaite\Nun joyeux dix-huitième anniversaire. {\i1}Tu es sûrement une dame accomplie.\NAs-tu un amoureux ? {\i1}Je ne peux pas\Nte donner de conseils, {\i1}mais la personne\Nque tu auras choisie {\i1}sera sûrement merveilleuse. {\i1}Joyeux anniversaire, Ann. {\i1}Tu as vécu 20 ans, c’est incroyable. {\i1}Tu as le droit de te plaindre,\Nmême si tu es adulte. {\i1}Je serai toujours là\Nquand tu seras inquiète. {\i1}Ann. {\i1}Je veillerai toujours, {\i1}toujours sur toi. {\i1}Ann. Chaque année, pour son anniversaire, mamie recevait ces lettres. Mon arrière-grand-mère devait vraiment\Ns’inquiéter pour elle. Une coupure de journal. Ce serait elle ? {\i1}Les lettres de ma grand-mère {\i1}auraient été écrites par une poupée\Ntrès renommée à l’époque. {\i1}Tantôt elle rédigeait\Nles lettres d’amour d’une princesse, {\i1}tantôt on lui commandait {\i1}les paroles d’un opéra\Npour une chanteuse à succès. {\i1}Une autre fois encore, {\i1}elle aurait même écrit une pièce\Npour un célèbre dramaturge. {\i1}Elle était employée\Nà la poste de Leiden, {\i1}mais elle aurait démissionné\Nà l’âge de dix-huit ans. {\i1}Après quoi,\Nelle n’aurait plus rien écrit. {\i1}Cette poupée s’appelait… {\i1}Je l’ai trouvé au front. {\i1}Elle n’a pas de nom. {\i1}Dis bonjour à ton maître. {\i1}Arrête, c’est une enfant ! {\i1}Gil, elle n’a rien d’une enfant. {\i1}C’est une arme. {\i1}Un outil pour le combat,\Nrien de plus. {\i1}Je peux te donner un nom, alors ? {\i1}Violet. {\i1}Ce sera Violet. {\i1}Je suis sûr qu’en grandissant,\Ntu deviendras digne de ce nom. {\i1}Tu ne seras plus un outil,\Nmais quelqu’un à qui ce nom sied. Violet Evergarden. Avancez-vous. L’auteure de l’ode à la mer\Nrédigée pour cette fête va remettre à la prêtresse de la mer,\Nmademoiselle Irma Felice, le texte qu’elle a écrit. Ton ode à la mer était magnifique, Violet. Absolument. Ça valait le coup\Nde se décarcasser, Violet. Oui. C’était un exercice difficile. {\i1}La mer s’étend à perte de vue, {\i1}abrite\Nde nombreuses espèces marines {\i1}et elle est riche et belle, mais… Mais contrairement aux hommes, elle n’a ni mérite, ni statut,\Nni personnalité, et j’ai peiné à en faire l’éloge. Oui, je comprends. Allez ! L’an prochain, je me dévoue. Du calme. Pour écrire l’ode à la mer,\Nil faut être désigné. Tu vas voir, je vais écrire\Nplein de lettres incroyables et je serai la prochaine élue ! Pas vrai, Violet ? Oui, je te le souhaite. Compte sur moi. Oui. Violet Evergarden. Monsieur le maire. Madame. Violet, je te présente le maire de Leiden et son épouse. C’est un honneur. Je vais où le veut mon client, quand le veut mon client. Je suis Violet Evergarden, poupée de souvenirs automatiques. Charmante. On dirait vraiment une poupée. J’ai beaucoup\Nentendu parler de toi. Si tu as été désignée cette année pour écrire l’ode à la mer\Nde notre célèbre fête de la gratitude, c’est parce que\Nje t’ai recommandée. J’ai lu\Nles lettres d’amour publiques de la princesse de Brueghel, ainsi que le serment du roi Damien. Ce sont des textes magnifiques qui reflètent parfaitement\Nta charmante personnalité. Pour le serment du couronnement, je me suis inspirée des idéaux et des ambitions\Ndu roi Damien. Vous m’avez qualifiée\Nde personne charmante, mais ce que j’écris n’est pas corrélé à ce que je suis. Désolée. Violet, ce qu’il veut dire, c’est que… Ce que je veux dire,\Nc’est que j’apprécie ton talent. Aujourd’hui,\Ntu officies en tant que poupée, mais lorsque tu étais soldat, tu as aussi sauvé notre pays,\Nle Leidenschaftlich. Ce n’est pas moi qui l’ai sauvé, mais tous ceux qui ont combattu. Cela dit, cette guerre a emporté\Nun grand nombre de vies. Et j’y ai contribué. C’est pourquoi je ne mérite aucunement\Nvos louanges. On mange un bout ? Je veux des nouilles. Tu pourrais changer, parfois. D’accord. Violet. Erica. Ça fait longtemps. Tu as l’air en forme. Oui. Ravie de vous revoir, patron. Ça te plaît,\Nd’assister un dramaturge ? Il s’agit bien de celui\Npour lequel tu écrivais, Violet ? Oui. Après l’une de ses représentations, je lui ai présenté Erica. J’ai insisté pour qu’il me prenne\Ncomme élève. Jour après jour,\Nil ne cesse de réécrire sa pièce et je peine à tout\Nretaper à la machine, mais j’apprends beaucoup. Tu veux des nouilles ? Arrête, Benedict.\NTu pollues la conversation. C’est pas sympa, t’abuses ! Tu viens faire\Nle tour des stands avec nous ? Désolée, merci pour l’invitation, mais aujourd’hui, on répète une pièce\Nqu’on joue le mois prochain. C’est toi qui l’as écrite, Erica ? C’est une petite pièce qu’on jouera\Ndans une salle municipale, mais n’hésite pas à venir. Sur ce… je vais vous laisser. Oui. Quand on espère très fort,\Nles choses finissent par arriver. Quand on espère très fort\Nmais que ça n’arrive pas, qu’est-ce qu’on est censé faire ? Je vais vous laisser aussi. Il me reste encore\Nbeaucoup de lettres à écrire. Tu devrais prendre ta journée. C’est la fête ! Non. Cela mettrait\Nmon organisation en péril. Je préfère rentrer. Major. {\i1}Major. {\i1}Pars. Laisse-moi ici, {\i1}et fuis. {\i1}Je refuse de vous laisser mourir ! {\i1}Arrête. {\i1}C’est vain ! {\i1}Tu dois vivre. {\i1}Violet… {\i1}S’il te plaît… Sauve-toi… {\i1}Vis librement. {\i1}Violet… {\i1}Je t’aime profondément. {\i1}Cher Major Gilbert, {\i1}Aujourd’hui, {\i1}j’ai encore pensé à vous. {\i1}Quoi que je voie, {\i1}quoi que je fasse, {\i1}tout me ramène à vous. {\i1}Le temps passe, {\i1}le passé s’éloigne, {\i1}mais les souvenirs\Nque je garde de vous {\i1}sont toujours aussi vifs. {\i1}Vous m’avez prise sous votre aile. {\i1}Je ne savais rien faire, {\i1}et vous m’avez appris à vivre. {\i1}Et surtout, {\i1}pour la première fois… {\i1}« Je t’aime. » {\i1}Vous m’avez offert ces mots. {\i1}C’est pour cela {\i1}que je ne peux m’empêcher\Nde vous écrire. {\i1}Un jour, {\i1}j’espère que cette lettre\Nvous parviendra, {\i1}et que mon souhait se réalisera. Et voici… vos trois chlors de monnaie. Je vous remercie. Le colis pèse 1,2 livres, ce qui fait 11 chlors. Postes CH. Je me rends où et quand\Nvous le souhaitez. Je suis Iris Canary,\Npoupée de souvenirs automatiques. Oui. Oui, elle est là. Merci d’avoir patienté. Malheureusement, ma collègue n’est pas disponible\Navant trois mois. Puis-je la remplacer ? Ah bon, d’accord. Entendu. Je prends note de votre réservation\Npour dans trois mois. Oui, bien sûr. Au revoir. Iris. Ne montre pas\Nta frustration au client. Ça ne se voit pas,\Nsurtout au téléphone. La voix trahit l’émotion. D’accord. Et puis, toi aussi,\Ntu as plein de réservations. Pas autant que toi, Cattleya. Si ça continue, je serai éternellement numéro 3. Bonsoir. Ah, patron. Bonsoir. La semaine a été chargée. Demain, repos pour tout le monde. Moi, je suis en déplacement,\Nce week-end. Je dois assister à la signature\Ndu traité commercial avec le Galdarik. Oui, j’avais oublié. Moi, je vais à la fête\Norganisée par la femme du maire, pour prospecter de nouveaux clients. Quelles travailleuses acharnées… Comme je me suis mis au tennis, j’espérais que l’une de vous\Naccepte de jouer contre moi. Vous n’êtes pas inquiet, patron ? C’est le moment ou jamais\Nde travailler. À cause de cet appareil répugnant, le courrier va finir par être démodé. Bientôt, la tour de transmission sera finie, et là, le téléphone va se démocratiser. Tu as raison. Les temps changent. Notre poste va devoir s’adapter. Un jour, elle finira peut-être\Npar devenir obsolète. Les poupées aussi. Elles tomberont en désuétude, et elles disparaîtront peut-être. Justement ! Prospérons tant qu’il est temps ! Et toi Violet,\Ntu comptes aller à la fête ? Non, je… Pas question\Nque j’emmène une rivale ! Très bien, ça me va. De mon côté, j’ai d’autres projets. Allez ! C’est pas drôle !\NTu pourrais faire durer l’échange. Si je jouais contre une fille,\Npourquoi pas, mais contre toi, non merci. Les filles sont toutes occupées. Même Violet n’a pas voulu venir. Tant mieux pour elle. Pour une fois qu’elle sort. Cela dit, quand elle est là, j’attire plus l’attention des filles. Sur ma tournée, on me dit souvent : « Vous travaillez\Npour les Postes CH ? Vous pourriez me présenter\Nvotre collègue Violet ? » N’utilise pas Violet\Npour servir tes intérêts vicieux ! En tout cas, je me demande où elle est allée. Tu es trop protecteur. Capitaine. Ainsi, c’était toi. Tu fleuris la tombe de ma mère\Ntous les mois. En théorie, la date anniversaire est demain, mais je ne voulais pas\Nimportuner la famille. Préféreriez-vous\Nque je ne vienne plus ? Non. Mais tu n’es pas obligée de venir alors que tu es en congé. C’est parce que je suis en congé\Nque je peux venir. Tu fais ça pour mon frère ? Non, je ne viens pas au nom du major. Je viens parce que j’en ai envie. Combien d’années se sont écoulées depuis la fin de la guerre ? Fais-toi une raison. Il ne reviendra pas. Oublie Gilbert. C’est pour ton bien. Oublier, c’est difficile. Tant que je serai en vie, je ne parviendrai pas à l’oublier. Hé ! Violet. Non. Ce n’est pas une violette\Nmais une pensée. Ah bon ? Tu t’y connais, dis-moi. {\i1}Même si\Nje ne peux plus jamais le revoir… Oublier, c’est difficile, hein… Mon ruban… Allô, ici les Postes… {\i1}T’es bien une poupée ? Oui, en effet. {\i1}C’est vrai ? {\i1}Dans ce cas,\Nj’ai un boulot à te confier. {\i1}Tu pourrais venir me voir ? Aujourd’hui, nous sommes en congé. {\i1}Ah bon ? {\i1}Je vois… Excusez-moi mais vu votre voix,\Nvous devez être très jeune. Et alors, il y a un âge minimum\Npour écrire des lettres ? Les poupées ne viennent pas\Nquand le client le souhaite ? C’est du pipeau ? Non, pas du tout. {\i1}Viens, alors ! C’est qui ? Je suis la poupée des Postes CH. Vas-y, entre. Je me permets. C’est un honneur. Je vais où le veut mon client, quand le veut mon client. Je suis Violet Evergarden, poupée de souvenirs automatiques. J’en reviens pas que tu sois là. C’était votre souhait. Tu es très jeune. Ça va aller ? Je ferai de mon mieux. Ulysse ! Grand frère, c’est nous ! On peut entrer ? Une minute ! Cache-toi, vite ! Vite ! Grand frère ! Ulysse, tu avais de la visite ? Non. Vraiment ? J’ai cru entendre une voix. Comment tu te sens ? Ne me pose pas la question\Ntous les jours. Ça va ? Si ça allait, je serais pas ici. Pardon. Grand frère, grand frère. Je vais te lire une histoire. Je m’en fous de ton histoire,\Nlâche-moi. Ton grand frère ne se sent pas bien. Il y a de quoi. J’ai subi trois opérations, et je suis hospitalisé\Ndepuis un an. Ulysse, ton copain Lucas\Naimerait te rendre visite. Il voudrait te voir. Pas la peine. Pourquoi ? C’est ton meilleur ami. Pas la peine, je te dis ! C’est quoi, ça ? C’est tout usé. Touche pas à ça, crétin ! C’est à un visiteur\Nde la chambre d’à côté. Il m’a demandé de la lui garder. Enfin… Bref, je suis fatigué. Désolée, mon chéri. On va aller faire un petit tour,\Nd’accord ? Bonne idée. Fais donc une petite sieste. À tout à l’heure. Pardon… C’est bon, je peux sortir ? J’aimerais que vous m’expliquiez pourquoi j’ai dû me cacher, Monsieur. Tu peux m’appeler Ulysse. Monsieur Ulysse, alors. Ni papa, ni maman, ni mon frère, ne doivent être au courant. Pour la lettre ? Je veux leur écrire\Nà tous les trois. Mon souhait, c’est qu’ils lisent les lettres\Nquand je serai parti. Quand tu auras fini d’écrire, garde les lettres avec toi. Ne les poste pas tout de suite. Bien. T’as compris ? Tu sauras faire ? Aucun problème. Ce n’est pas la première fois\Nqu’on me fait ce type de demande. J’ai écrit à une demoiselle\Nun peu plus jeune que vous, de la part de sa maman. Elle souhaitait qu’après son décès, pendant cinquante ans, sa fille reçoive une lettre\Nà son anniversaire. Pendant cinquante ans ? Cinquante lettres ? Oui. Aujourd’hui encore, chaque année à son anniversaire, elle continue\Nà recevoir ces lettres. Désolé mais moi,\Nje ne peux pas t’en commander autant. Tout ce que j’ai,\Nc’est ce qu’il y a dans cette boîte. Qu’est-ce que\Ntu peux écrire avec ça ? Pour trois lettres, cela ferait\Nenviron vingt caractères par lettre. Vingt caractères ? « Chère maman… Porte-toi bien. Ulysse. » C’est super court ! Même moi, je pourrais l’écrire ! Ce que je veux, c’est que ma mère,\Nmon père et mon petit frère trouvent du réconfort\Net de l’énergie quand ils liront ces lettres ! Monsieur Ulysse, je vous ai indiqué\Nle tarif ordinaire. Mais sachez que notre poste pratique des réductions\Npour les enfants. Ainsi, avec l’argent\Nque contient cette boîte, vous pouvez prétendre\Naux lettres que vous espérez. C’est vrai, ça ? Oui. Ne me baratine pas. Je ne vous baratine pas. Pour mener à bien notre mission, nous avons des clauses spéciales\Nqui pallient aux imprévus. Des dispositions d’urgence. J’ai pas tout compris, mais ça a l’air chouette. Ça veut dire que c’est bien. Bon, on s’y met ? Tes mains… La guerre me les a prises. Il y a quelques années,\Nj’étais moi-même hospitalisée. T’es vraiment capable d’écrire ? Il m’a fallu du temps pour apprendre\Nà maîtriser ces prothèses, mais je m’y suis faite. Au point que je sais faire\Nce genre de gestes. T’es marrante, comme fille. D’habitude, on me demande toujours\Ncomment je vais, et on me dit de me reposer. Toi, tu es différente de mes parents\Net des infirmières. Comment ça, différente ? À force d’être inquiets\Net d’avoir pitié de moi, ils m’étouffent. Franchement, j’en peux plus. Bien reçu. Je vais tâcher d’évacuer\Nces émotions de mon cerveau. Je confirme, t’es marrante. Allez, au boulot. Tu peux m’écrire une lettre ? Pour mon père. Ton père ? Il est parti à la guerre. Dans un pays appelé\Nle Leidenschaftlich. Il a dit qu’il reviendrait vite, mais il n’est toujours pas rentré. Alors je veux qu’il sache que moi,\Nmon frère et ma mère, on va bien. Tu veux bien m’écrire la lettre ? Si on proposait\Nà Violet d’aller dîner ? Dans ce cas, que dirais-tu\Nd’aller dans ce fameux restaurant ? Celui où on l’a emmenée\Nquand elle a débarqué ici. Toi… Capitaine Dietfried. Commandant Hodgins. Ou devrais-je plutôt dire « patron ». Moi aussi, j’ai tendance à oublier\Nque cela fait des années que la guerre est finie. Que me veux-tu ? Rien. Violet. Capitaine. Je vous prie de m’excuser. J’ai fait erreur. Non, ce n’est rien. Tiens. Est-ce le mien ? Vous venez me le rapporter ? Tu l’as laissé tomber\Net je l’ai ramassé. Violet, ne me dis pas qu’aujourd’hui,\Ntu es allée… Au cimetière. Sur la tombe de la mère du major. Capitaine, je vous remercie. Sur ce, déposons nos affaires\Net allons manger ! Oui, bonne idée. Violet, tu nous accompagnes ? Oui. Hé. Bientôt, on va se débarrasser\Nd’un de nos bateaux de famille. Un bateau, dites-vous ? Mon frère y a passé beaucoup de temps\Nquand il était enfant. À bord, il y a des tas de livres et de jouets qu’il aimait. S’il y a quoi que ce soit\Nqui t’intéresse… Vous m’en feriez cadeau ? Ce ne sont que des bricoles. Je viendrai. Je viendrai\Nlà où votre bateau est amarré. J’ignorais que chaque mois,\Ntu te recueillais sur sa tombe. Aurais-je dû vous en informer ? Oh, non… Bien sûr que non. Ça s’appelle la vie privée. Et… ce bateau… Je vous tiendrai informé. C’est pas la peine, je te dis. Violet. Veux-tu que je vienne ? Non, ça ira. Inutile de vous inquiéter,\Nd’avoir pitié de moi ou de me protéger, je vous assure. T’as compris ? La ferme ! Tais-toi et mange ! Violet a raison. Arrête donc de t’inquiéter. C’est normal que je m’inquiète. Satané Dietfried. Il profite des faiblesses de Violet. Si ça se trouve,\Nc’est un bon partenaire pour elle. Ils pourraient partager\Ndes souvenirs du major. Il a profité du fait\Nqu’elle soit orpheline pour la récupérer\Net en faire une arme de guerre. Donc il ne doit pas\Ns’approcher d’elle ? Même si c’est du passé ? Tu voudrais qu’ils se lèchent\Nmutuellement les plaies ? Pourquoi ? Ce serait mal ? Violet éprouve encore\Ndes sentiments pour le major. À force, j’ai peur qu’elle finisse\Npar sombrer dans le chagrin. Le capitaine, lui, pourrait lui apporter\Nle réconfort nécessaire. Un jour, si je dois avoir des enfants, je préférerais des garçons. Avec des filles,\Nmes nerfs ne tiendraient pas. Ça, c’est le livre\Nqu’il dévorait avec passion. Il jouait aussi beaucoup\Navec notre père. Ça aussi, c’était au major ? Non, ça, c’était à moi. Veuillez m’excuser. Je t’en prie, détends-toi. Oui. Lorsque vous et le major\Nétiez enfants, vous partiez souvent\Nà bord de ce bateau ? Oui, avec notre père. Notre père ne jurait\Nque par l’armée de terre, mais il aimait étrangement\Nprendre la mer. C’est la seule chose dont j’ai hérité. Ce sont les fleurs de la famille. Arrête avec tes fleurs. Pardon ? Que viens-tu de dire ? Ce que tu veux nous montrer,\Nc’est ça. Ce que tu veux, c’est qu’on devienne comme toi. Grand frère… C’est notre unique option, et tu veux qu’on le sache. Grand frère ! Toi, ton père avant toi, et tous les hommes Bougainvillea, on est obligés de devenir soldat ! Papa, arrête ! Ne le frappe pas ! Moi, je le ferai. Je deviendrai comme toi. Plus je me rebellais, plus Gil a dû se sentir obligé\Nd’obéir à mon père. À cause de moi, mon petit frère\Na mené une vie de contrainte, et moi, je n’ai jamais su\Nêtre sympathique avec lui. Moi, je n’ai ni frère ni sœur donc je n’ai pas connu cela. {\i1}Mais plus on est proches, {\i1}plus les sentiments\Npeuvent être complexes. {\i1}Et ça, pour l’avoir vécu, je peux le comprendre. Tu veux dire que tu comprends les sentiments humains ? Je ne dis pas ça ironiquement. Je le sais. Puis-je vraiment emporter ce livre et ce plateau de jeu ? On y va ? Ça va ? Merci. On a beaucoup perdu, toi, comme moi. Désolé pour la dernière fois. « Tu ne le reverras jamais, oublie-le. » C’était idiot. Moi non plus,\Nje n’arrive pas à l’oublier. Quoi qu’il arrive, ce sera toujours mon petit frère. Oui. Si un jour je le revois, j’aimerais lui demander pardon, et aussi lui parler de tas de choses. Oui. La prochaine est pour mon frère. L’ennui, c’est que je ne sais pas\Nquoi lui écrire. Sion n’a que cinq ans. Dans ce cas, pourquoi ne pas lui dire ce que vous avez ressenti\Nquand il est né ? Quand il est né, j’étais heureux. On aurait dit un petit pain, tout chaud et tout moelleux. Mais… Petit à petit, vous avez eu l’impression\Nqu’il vous volait vos parents ? Et quand ils le félicitaient,\Ncela vous contrariait ? Exactement. Pourtant, quand il vous courait après,\Nil était adorable. Comment tu le sais ? Ce sont des histoires\Nqu’on m’a racontées. Dans ce cas, ajoute aussi ceci : « Profite bien de la vie\Npour nous deux, et surtout, tâche de bien t’entendre\Navec papa et maman. » « Et surtout, fais-toi bien cajoler\Npar papa et maman. » Monsieur Ulysse, vous rêveriez\Nque vos parents vous cajolent, mais au lieu d’être sincère, vous ne pouvez pas vous empêcher\Nde les repousser, je me trompe ? Tu sais vraiment tout. J’ai beaucoup appris\Nen rédigeant des lettres. Un mot, une attitude\Nou un sentiment ont toujours\Nun endroit et un envers. Je sais qu’il ne faut pas\Nse fier aux apparences, et qu’il faut lire entre les lignes. Mais à moins de les dire, nos véritables sentiments\Ndemeurent insondables. Voilà. Je vous laisse relire ? Merci. Vous pouvez donc compter sur moi pour garder précieusement\Nvos trois lettres. Tu les donneras à ma famille\Nle jour où j’irai au paradis. Je demanderai à l’hôpital\Nde prévenir la poste de mon décès. Oui. Dis, on scelle notre promesse ? La sceller ? Oui, en entremêlant nos petits doigts, comme ça. Ensuite, on jure de ne jamais rompre\Nla promesse. Merci. Tes doigts sont sacrément froids. Je les sens à travers mon gant. Moi aussi, je serai probablement\Ndevenu froid avant l’hiver. Dites-vous que… les lettres que vous avez écrites réchaufferont certainement le cœur\Nde votre famille. Promis, je les leur remettrai. Sur ce, ma mission est terminée. Attends ! Il y a encore une lettre que j’aimerais écrire. À votre ami Lucas, c’est ça ? Je vous ai entendus, sous le lit. Dites-lui ce que vous ressentez tant qu’il est encore temps. Tu crois ? Oui. Moi, je n’ai pu ni tout entendre,\Nni tout lui dire. À qui ? À celui qui m’a offert un « je t’aime ». Cet homme, il est mort ? Moi, je suis persuadée\Nqu’il vit encore quelque part. Qu’est-ce que tu aurais aimé lui dire ? Que j’ai un peu compris\Nle sens des mots « je t’aime ». Juste compris ? Moi, quand j’ai su que Lucas demandait à venir me voir ici, je lui ai dit non. Lucas et moi,\Non est copains depuis tout petits. On passait notre temps\Nà courir ensemble. Mais… mes jambes comme mes bras se sont amaigris, et je n’avais pas envie\Nqu’il me voie dans cet état. Laissez-moi lui rédiger une lettre qui exprimera tout cela. Quant au tarif… Monsieur Ulysse ! J’appelle l’infirmière. Nous écrirons à votre ami Lucas\Nune prochaine fois. Pardon. Mais non. Toutes ces lettres sont sans adresse. C’est le vieux Rolland\Nqui me les a confiées. Je comptais les renvoyer\Nà l’expéditeur quand il est indiqué. Et tu viens demander l’aide\Nde ton patron pour ça ? De nos jours, les jeunes\Nne veulent plus faire d’heures sup. Vu comme je trime, tu pourrais me nommer adjoint. Apprends d’abord la comptabilité. Un adjoint doit savoir\Ndéchiffrer les livres de compte. Enfin une promotion à l’horizon ! Je vais peut-être me motiver. Mais c’est… Ce sont des lettres plutôt récentes\Nqui sont entreposées ici. Cette écriture… Quoi ? Non, rien. L’expéditeur vit sur l’île d’Écarté. Tu parles de l’ancienne colonie\Ndu Galdarik ? Après la guerre,\Nelle a pris son indépendance. Que me vaut l’honneur de ta visite, monsieur le patron ? L’autre jour… C’est au sujet de la poupée\Nqui travaille pour toi ? Elle t’a dit quelque chose ? Non. Rassure-toi. Après sa visite sur le bateau, elle est rentrée tout de suite\Npour ne pas t’inquiéter. Elle était censée\Nme tenir au courant. Tu n’es pas son père. Tu n’as aucun droit sur elle. Salaud ! Comment oses-tu ? Pardon. Au temps pour moi. Le problème, c’est que je ne sais pas\Ndire les choses autrement. Aujourd’hui,\Nje ne suis pas venu pour Violet. Mais c’est… Pourrais-tu te renseigner ? Patron ? Désolé de venir si tard. J’aimerais te parler\Nde quelque chose. De quoi s’agit-il ? Rien… n’est encore sûr. Si ça se trouve, c’est une erreur. Est-ce qu’il s’agit du major ? Vous avez trouvé quelque chose ? Le major Gilbert aurait-il refait surface ? Vous partez tout de suite ? Oui. C’est peut-être une erreur,\Nmais on va vérifier. D’accord. On garde la boutique. Violet, ça va ? Vous croyez que ça ira ? Suis-je assez présentable ? Rien ne cloche, chez moi ? Beaucoup de temps a passé. Pensez-vous qu’il me reconnaîtra ? Arrête, Violet. Quand je le verrai, par quoi dois-je commencer ? Ma situation actuelle ? À moins que ce ne soit\Nmes sentiments ? Saurai-je trouver les mots\Npour les lui exprimer ? Suis-je excessive ? Violet. La route est longue\Njusqu’à destination. Si tu lui écrivais une lettre\Nen chemin ? Nous revoilà, Daisy. Désolée de rentrer si tard. Daisy ? « Je vais passer quelque temps à Leiden. » {\i1}La poste où elle travaillait {\i1}fut nationalisée\Ncomme ses concurrentes, {\i1}et le bâtiment qui l’abritait\Nfut transformé en musée. {\i1}Après son départ, {\i1}où a-t-elle bien pu aller ? Prenez tout votre temps\Npour visiter. Excusez-moi,\Nje ne vous avais pas vue. Je vous en prie. Si vous avez la moindre question,\Nn’hésitez pas. Entendu. Figurez-vous qu’autrefois,\Nje travaillais moi-même ici, à l’accueil. Vraiment ? Excusez-moi. D’où viennent ces timbres ? Ça, ce sont des timbres\Nqui sont édités exclusivement sur l’île d’Écarté. L’île d’Écarté ? Excusez-moi, vous m’avez bien dit\Nque vous aviez travaillé ici ? Oui. « Ô Mer, source de richesses, vous êtes le trait d’union\Nentre tous les mondes. Les mouettes volent dans votre ciel. Les poissons nagent à l’intérieur de vous. Les coquillages se tapissent au plus profond de vous. Vous diffusez la lumière, vous façonnez la vie, vous irradiez d’amour. Nous resterons au creux de vous jusqu’à la fin des temps. Vous êtes à la fois le présent,\Nle passé et le futur, et nous nous en remettons\Nau mouvement de vos vagues. » À l’origine, c’est une fête qui symbolise\Nnotre gratitude à la mer, mais aujourd’hui,\Nc’est plutôt devenu un hommage à nos chers disparus. Pas un seul d’entre eux n’est revenu. Sur cette île, il n’y a plus\Nque des femmes et des vieux. Et une ribambelle d’enfants. Ce n’est pas la mer, mais la guerre qui les a emportés. Je me sens coupable\Nenvers nos ancêtres. Il paraît que nos pères ont été tués\Npar des soldats de Leiden. Les gens de là-bas mériteraient tous de mourir. Le texte que l’on a entendu a été écrit à l’occasion\Nde la fête de la gratitude à Leiden. C’est une poupée très célèbre\Nqui en est l’auteure. Violet Evergarden, je crois. Les enfants ! Allez, passons à table. Allez, venez. Tu viens ? Professeur, je t’adore ! Allez, viens vite ! Dépêche-toi ! {\i1}Major, {\i1}cela fait si longtemps. {\i1}Bien que loin de vous, {\i1}jour après jour,\Nje n’ai jamais cessé de penser à vous. {\i1}Aujourd’hui, {\i1}mes prières ont été entendues {\i1}et mon souhait s’est réalisé. {\i1}Si seulement {\i1}je pouvais vous revoir… Violet. Je préférerais que tu m’attendes ici. Laissez-moi venir ! Même si c’est vraiment Gilbert\Nqui est ici, on ignore\Ndans quel état il se trouve. – Donc…\N– Ça m’est égal ! Même si toi ça t’est égal, qu’en est-il de lui ? Ici, il ne se fait pas appeler\Npar son vrai nom. C’est une petite île. Mieux vaut éviter\Nque des rumeurs circulent. Attends-moi ici, d’accord ? D’accord. Si cela me permet de voir le major, j’attendrai une éternité. C’est ta première visite ici. Si tu allais faire un tour ? Entendu. Non, je le connais pas. Bonjour. Bonjour. T’es le papa de qui ? Non, je… T’es qui, alors ? C’est louche. En fait, je travaille pour une poste. Tu viens distribuer des lettres, alors ? Voilà. Tiens, j’ai un cadeau pour toi. Il a eu peur ! On y va ? Un garçon,\Nc’est pas mieux pour les nerfs. T’es la grande sœur de quelqu’un ? – Non, je…\N– Tu es postière ? Oui, c’est ça. Je m’en doutais. Surprise ! Tiens ! Un insecte ? C’est une mante religieuse ? Ça ne te surprend pas ? Il lui manque une patte avant. Comme le professeur Gilibert. Est-ce qu’il lui manque aussi… l’œil droit ? T’es bien informée. Ce professeur, c’est votre professeur à vous ? Oui. Votre professeur, est-ce qu’il va bien ? Il n’a plus de bras droit, mais il fait quand même du sport. Il court vite, aussi. Très vite. Pas vrai ? Encore… Parlez-moi encore de lui. De votre professeur. Si tu veux. Tu sais,\Nil est vraiment très gentil. Quand on ne comprend pas, il nous réexplique\Nautant de fois qu’on veut. Qui est-ce ? Entre. S’il y a quelque chose\Nque tu ne comprends pas… Je n’y croyais pas, mais… tu es bien en vie, Gilbert. Ici, je me fais appeler Gilibert. Je vois. Désolé d’être venu sans prévenir. Comment m’as-tu trouvé ? Tu as écrit une lettre pour un enfant. Les lettres sans adresse\Nreviennent à la poste. Avant de les renvoyer à l’expéditeur,\Non fait une ultime vérification. J’ai trouvé ta lettre par hasard. Et toi, comment as-tu atterri ici ? Après la fameuse bataille, je me suis réveillé\Nsur un lit d’hôpital. Comme je n’avais pas été identifié, on m’avait envoyé\Ndans un dispensaire. Après avoir travaillé un temps\Npour ce dispensaire, je n’ai pas voulu rentrer au pays, et j’ai voyagé un peu partout. Il y a un an, je suis arrivé ici. À force d’écrire des lettres\Npour les enfants, je suis devenu leur professeur. Pour bien faire, j’aurais dû\Nme signaler à l’armée, mais… Peu importe tout ça. Es-tu au courant\Nque Violet est en vie ? Alors pourquoi\Ntu n’es pas venu la voir ? Violet a… Elle passe sa vie à t’attendre ! C’est moi qui l’ai rendue malheureuse ! Mieux vaut… que je reste loin d’elle. Elle est ici, avec moi. Je l’ai fait patienter à l’extérieur. Si tu savais\Ncomme elle espère te voir. Je ne peux pas. Gilbert… Je ne peux plus. Plus jamais. – Mais tu…\N– Je suis mort. Gilbert Bougainvillea est mort. C’est ce que les gens croient, et au fil du temps,\Nils ont dû finir par l’accepter. Alors… laisse-moi vivre une autre vie. – Gilbert…\N– En ce moment, c’est la saison des vendanges. Je m’apprête à y participer. Tous les hommes de cette île\Nsont partis à la guerre, et aucun d’entre eux n’est revenu. Hodgins, s’il te plaît, va-t’en. D’accord, mais je repasserai. Dis-moi, est-ce que tu m’en veux ? Je ne comprends pas votre question. Ai-je fait des erreurs ? Si c’est le cas, corrigez-moi. Dites-moi ce qui ne va pas. Non. C’est moi qui ai mal agi. Je t’ai dit\Nque tu n’étais pas une machine, et pourtant, je t’ai… utilisée… C’est normal ! Je suis votre arme, Major. Nous sommes en mauvaise posture. Quels sont vos ordres ? Major, donnez-moi vos ordres ! Patron. Était-ce le major ? Était-ce bien lui ? J’ai parlé avec les enfants. L’avez-vous vu en personne ? Oui. Hormis son bras et son œil blessés,\Nétait-il en forme ? Mais alors, je devrais pouvoir le voir ? Malheureusement, il ne peut pas te voir. A-t-il encore du travail ? Si c’est le cas,\Nj’attendrai qu’il ait fini. Non. Ce soir, alors ? Violet ! Dans ce cas… Demain, alors ? D’accord. Demain, j’irai le voir\Net j’essaierai de le convaincre. Il faut absolument qu’il accepte. Mais alors, si je comprends bien, ce n’est pas qu’il ne peut pas, mais c’est qu’il\Nne veut pas me voir, n’est-ce pas ? Pourquoi ? C’est assez compliqué, mais il pense\Nque c’est mieux pour vous deux. Je ne vois pas en quoi. Moi, moi je… Violet. Violet ! Quand ce sera terminé, ce sera un jeu d’enfant\Nde transporter le raisin là-haut. Oui, tu nous rends\Nun immense service. Il va y avoir une sacrée averse. Major ! Major ! Je l’ai trouvé. Major… Major. Major. Major ! Major ! Pardonnez-moi de vous déranger à votre domicile. Major. Si vous étiez en vie,\Npourquoi ne pas m’avoir contactée ? Pourquoi avoir refusé de me voir ? Moi, j’ai envie de vous voir. Je veux poursuivre\Nnotre dernière conversation. Les mots « je t’aime », je commence à les comprendre. Va-t’en. Va-t’en ! J’attendrai. Jusqu’à ce que je puisse vous voir, j’attendrai ici. Celle que tu es aujourd’hui\Nn’a plus besoin de moi. Et puis, quand tu es là,\Nmes souvenirs refont surface. Je t’ai forcée à combattre\Nalors que tu n’étais qu’une enfant. Et surtout, si tu n’avais pas été\Nsous mes ordres, tu n’aurais pas perdu tes deux bras. Major, avez-vous des regrets ? Mon existence, ma personne, sont-elles la cause de vos souffrances ? Celle que je suis aujourd’hui est capable de comprendre\Nce que vous ressentez. Peut-être pas totalement, mais au moins en partie. Espèce de sombre imbécile ! Tenez, utilisez ça. Je vous remercie. Nous n’avions\Nnulle part ailleurs où dormir. Il n’y a même pas une auberge\Nsur notre petite île. Violet. Ce phare fait aussi office\Nde bureau de poste. {\i1}Mais oui. {\i1}C’est déjà {\i1}le retour de la saison de ces fleurs. {\i1}« Les yeux du roi étaient ornés\Nde deux saphirs bleus, {\i1}et sur son épée {\i1}scintillaient\Ndeux rubis rouge sang. » {\i1}Tu lis de mieux en mieux, {\i1}Violet. {\i1}Reste près de moi. {\i1}Tout près de moi, {\i1}Violet. {\i1}Bien. Vous travaillez\Npour la poste de Leiden ? Oui. Violet Evergarden, c’est cette jeune fille ? Un hôpital de la ville\Naurait contacté votre poste. Un garçon prénommé Ulysse\Nserait mourant. Ulysse ? – De qui…\N– C’est… un client à moi. {\i1}Tu les donneras à ma famille\Nle jour où j’irai au paradis. {\i1}Oui. Je vais rentrer. Quoi ? Je rentre à Leiden. Violet ! Je te comprends, mais c’est la tempête. Aucun bateau ne partira\Navant demain matin. Et Gilbert, tu ne veux pas le voir ? Si, je veux le voir. Bien sûr que si ! Mais… je n’ai pas le choix. J’ai promis à Monsieur Ulysse\Nde respecter sa promesse. Et puis, il nous reste\Nune dernière lettre à écrire. Mais il te faudra\Nau moins trois jours pour rentrer. Plus vite ! Je sais ! Apparemment,\NBenedict a récupéré les lettres et se dirige\Nvers l’hôpital avec Iris. Bien. Bonsoir. Ulysse. La poupée est arrivée. Tu as une lettre à écrire, c’est ça ? Violet ? Je suis Iris, sa remplaçante. Violet est en voyage, loin d’ici. Elle a retrouvé\Nune personne très chère. L’homme qui lui a appris le sens des mots « je t’aime » ? Oui. Il est en vie, alors. Tant mieux. On m’a expliqué ta demande. La lettre est pour Lucas, c’est ça ? Que veux-tu lui écrire ? Ulysse ! Ulysse ! Ulysse… Ça va aller, mon chéri. Oui. Mettez-moi en relation,\Ns’il vous plaît ! Ulysse, c’est Lucas. Mais… {\i1}comment ça marche ? Il faut dire… « allô ». {\i1}Ulysse ? {\i1}Allô ? Lucas… Oui ! {\i1}Tu sais, {\i1}quand je t’ai dit de ne pas venir, que je ne voulais pas te voir… Pardon. Je suis désolé. Mais pourquoi tu t’excuses ? Tu sais, {\i1}ça m’a rendu triste\Nque tu ne veuilles pas me voir, {\i1}mais je me suis dit\Nque c’était sûrement mieux pour toi, {\i1}donc j’ai pris sur moi. Mais je n’ai quand même\Npas pu m’empêcher d’aller jusqu’à l’hôpital. Et là, j’ai aperçu ton visage\Npar la fenêtre. Pardon d’avoir été méchant avec toi. {\i1}Mais non. T’inquiète, je ne suis pas fâché du tout. {\i1}Ulysse. On est amis depuis toujours,\Npas vrai ? Alors j’espère que ça va durer\Nencore longtemps. Je suis soulagé. Merci. Comme quoi, il a du bon,\Ncet appareil répugnant. Ulysse ! Ulysse ! Ulysse ! Pour la lettre, c’était trop tard. Mais grâce au téléphone, il a pu discuter avec Lucas, et surtout, lui dire l’essentiel : « Pardon », et « merci ». Visiblement,\Nles lettres que tu avais écrites ont bien été remises à sa famille. « Chère maman, les pancakes que tu me faisais étaient délicieux. Si j’avais mangé plus de légumes, peut-être que ça t’aurait fait\Nencore plus plaisir ? Papa, j’ai adoré aller pêcher\Net camper avec toi. Sachez que je suis très heureux d’avoir été votre fils. Je vous adore. Ulysse. » Son petit frère a aussi une lettre. Moi ? « Sion, pardon de t’avoir\Ngrondé et embêté. Mais sache que quand tu es né, j’étais très heureux. Merci d’avoir fait de moi\Nun grand frère. Profite bien de la vie\Npour nous deux, et surtout, prends bien soin des parents\Npour nous deux, ne vous disputez pas, et fais-toi bien cajoler. Pour mon petit frère adoré, Ton grand frère. » Merci, grand frère. Je suis content. Papa et maman,\Nvous êtes contents aussi ? Merci, Ulysse. Ulysse était très heureux\Nque tu aies retrouvé la personne que tu cherchais. Demain matin,\Non retourne voir Gilbert. S’il refuse de se montrer,\Nje défoncerai sa porte, et si je dois le frapper… Non. Si quelqu’un le frappe, ce sera moi. Je plaisante. Demain matin, je rentre. Au bureau. Pour écrire des lettres. J’ai du travail en retard. Violet… Le major est en vie. Moi qui pensais\Nne plus jamais le revoir, j’ai même pu entendre sa voix. Cela… me suffit… amplement. Oh hisse ! Vas-y, montre-nous si ça fonctionne. Ça y est, il arrive ! C’est formidable. Ça va vraiment\Nnous faciliter la vie. Le tonton postier\Net la jeune fille ! Le tonton… Regardez, c’est le professeur\Nqui a fabriqué cette machine. T’as vu ? Il est fort, hein ? Oui. S’il te plaît, pourrais-tu donner ceci\Nà ton professeur ? D’accord, je le ferai, promis. Salut ! Tu n’as pas à endosser ça tout seul. Si les jeunes hommes\Nont quitté l’île, si tant de jeunes gens\Nont péri dans cette bataille, c’est peut-être\Nde notre faute à tous. « Combattre nous rendra prospères. » C’est ce que tout le monde pensait. Crois-moi, j’ai haï le peuple\Nde Leidenschaftlich. Mais… ils ont souffert autant que nous. Tous. Si tu as un endroit où aller,\Ntu devrais rentrer. Non. Je vais rester ici. Pour toujours. Je ne te cache pas\Nque ça nous arrange. Salut. C’est donc sur cette île que tu as enfin trouvé\Nta propre voie. Je reconnais\Nque l’endroit est magnifique. Grand frère. Alors comme ça,\Ntu te la coulais douce, et tu n’es même pas venu\Nà l’enterrement de maman ? Pourtant,\Ntu as toujours été son préféré. Désolé. Ne t’en fais pas, Violet rendait visite\Nà maman pour toi, et elle continue chaque mois\Nà fleurir sa tombe. Je me disais que si un jour\Nje te revoyais, je te demanderais pardon. Mais là, j’ai plutôt envie\Nde te fourrer dans un sac, et de te balancer\Naux pieds de Violet. Ce jour-là, je n’aurais pas dû accepter\Nde m’en occuper. Qu’est-ce que tu aurais\Nvoulu faire, alors ? Ce n’était qu’une enfant. J’aurais aimé qu’elle puisse\Nprendre du bon temps, s’attendrir devant ce qui est adorable, être émerveillée et transportée par ce qui est beau, voilà ce que j’aurais aimé lui offrir. Mais au lieu de ça… C’est pour toi. Lis-la. {\i1}Très cher Major Gilbert, {\i1}Pardonnez-moi\Nd’être venue sans prévenir. {\i1}Ceci est la dernière lettre\Nque je vous adresse. {\i1}Si je suis\Nencore en vie aujourd’hui, {\i1}capable de m’émouvoir\Npour quelqu’un, {\i1}c’est grâce à vous. {\i1}Pour m’avoir acceptée\Ntelle que j’étais, {\i1}je vous remercie. {\i1}Pour m’avoir lu des livres, {\i1}enseigné l’écriture {\i1}et appris\Ntant d’autres choses encore, {\i1}je vous remercie. {\i1}Pour m’avoir offert une broche, {\i1}je vous remercie. {\i1}Mais aussi, {\i1}pour m’avoir toujours gardée\Nauprès de vous, {\i1}je vous remercie. {\i1}Du fond du cœur… {\i1}Pour m’avoir dit « je t’aime », {\i1}je vous remercie. {\i1}Le fait que\Nvous m’ayez dit « je t’aime » {\i1}continue de me guider\Nsur le chemin de la vie. {\i1}Et surtout, {\i1}avoir découvert les mots « je t’aime » {\i1}m’a donné envie\Nde dire « je t’aime » à mon tour. {\i1}Major, {\i1}je vous remercie. {\i1}Pour tout, {\i1}je vous remercie infiniment. Décidément, ce n’est pas si simple\Nd’être franc et sincère. J’assumerai l’héritage\Ndes Bougainvillea. Toi, tu peux reprendre ta liberté. Vas-y. Violet ! Violet ! Major ? Gilbert… Major ! Violet ! Major… Violet. Je ne suis plus ni ton maître,\Nni ton supérieur. Je t’ai blessée. Je ne suis pas l’homme que tu crois. Je ne suis ni un être respectable, ni un homme exemplaire. Je ne suis pas un homme pour toi. Mais… aujourd’hui encore, je t’aime. Je… Reste auprès de moi, Violet. Je… Ma… Ma… Je… Violet, ne pleure pas. Moi aussi, tu sais, j’ai envie de pleurer. Laisse-moi essuyer tes larmes. Je t’en prie, relève la tête. Je… Major… Major… Je t’aime, Violet. Tu m’as tellement manqué. {\i1}Après avoir honoré\Ntous les contrats qui lui restaient, {\i1}elle quitta la poste\Noù elle travaillait, {\i1}et on dit qu’elle reprit\Nle bureau de poste du phare de l’île. {\i1}Aujourd’hui,\Nce bureau de poste a fermé {\i1}et a été transféré\Ndans une ruelle du village. {\i1}Avec l’arrivée du téléphone, {\i1}le métier de poupée\Nserait tombé en désuétude, {\i1}mais je suis certaine qu’ici, {\i1}elle rédigea de nombreuses lettres\Npour tous les habitants. {\i1}Sans quoi… Ces timbres sont vendus\Nen exclusivité sur l’île et sont édités par le mémorial\Ndes Postes CH. C’est ici que le plus grand nombre de lettres\Npar habitant est envoyé chaque année. Autrefois, il y avait\Nce qu’on appelait des poupées. Sur cette île aussi,\Nil y en avait une très connue que tout le monde adorait. Elle s’appelait… Violet Evergarden. Il se trouve que ma grand-mère a reçu des lettres\Nécrites par ses soins. {\i1}Puisque je n’arrive pas à le dire, {\i1}je vais essayer de l’écrire. {\i1}Moi aussi, je veux être sincère. {\i1}Parce que ceux\Nà qui je m’adresse {\i1}ne seront pas\Ntoujours présents. {\i1}Papa, {\i1}maman, {\i1}merci.
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